Je le suivais à la trace. Presqu'à l'odeur. Depuis que j'ai lu ce qu'il avait dit sur moi, les gens me paraissaient moins ...cons ? Oui. C'est bizarre, vu que je n'ai vu que le commentaire d'une personne. C'était impressionnant. J'avais toujours peur. Oui. J'étais effrayé.
Je me suis dit pendant un moment, que c'était pas possible. Que le monde ne pouvait pas être si gentil.
Eh bien si.
Il était devenu mon monde. Je ne pensais plus qu'à lui. Non je n'étais pas amoureux, ou amouraché, non. Tout de même ! Je ne sais même pas ce que sait. Je cherche la personne idéale, je la cherche plus depuis longtemps. Mais ... il me semblait si sympathique. Si gentil et doux. Même avec sa petite amie. Il est si heureux avec elle. Il sourit tout le temps avec elle. Elle doit être gentille ... je ne sais pas. Elle arrive à lui donner le sourire les jours où il ne va pas bien. Mais il n'y a pas qu'elle dans sa vie. Il y a aussi sa bande d'amis. Mixtes. Des filles et des garçons. Aux allures, et looks différents les uns des autres. Il n'a pas l'air d'y avoir de chef. Je trouve ça bien. Personne n'est supérieur à personne. Tout le monde s'aime. Et personne n'est mieux que l'autre. Je trouve ça vraiment génial. Si seulement je pouvais faire partie de son monde. Oh oui. Je le veux vraiment.
Je soupire en me cognant la tête volontairement, sur ma table de classe. Je vous rassure, il n'y a personne. Je suis resté après les cours pour travailler tranquillement. J'ai encore pensé à lui sans aucune raison. J'en souris bêtement. Il m'obsède vraiment. C'est horrible. Mais je n'y peux rien. Je le vois pendant la journée, une fraction de seconde et mon c½ur se met à battre à tout rompre. J'ai chaud, je deviens sûrement rouge et me met à l'éviter. Même si il ne me voit pas. Pourtant je l'apprécie autant que je le hais. Mais tout cela de loin. Sans le connaître. Je ne sais pas si j'en ai envie.
Je ne sais plus rien.
Je soupire et finis de vérifier si tout mes devoirs sont faits. Ma mère est prévenue, Elle ne m'a pas demandé pourquoi. Elle ne le demande jamais de toute façon. Je pense qu'elle s'en fiche. Tant que je rentre ...elle prend conscience que je ne suis plus un enfant. Tant mieux. Pas que je sois un enfant genre « rebelle » mais, connaissant ma timidité et ma sociabilité réduite ,elle sait que il faut me donner ma liberté.
Mes devoirs sont tous faits. Un poids en moins. Dans le geste pour ranger mon agenda, je fais tomber mon stylo. Je jure doucement, et me penche pour le récupérer.
Je lève les yeux du sol en entendant la porte s'ouvrir. Mais... il n'y a personne à cette heure-ci d'habitude... c'est peut être le concierge.
Oh non ! Je peux vous dire que ce que je vois n'a rien du vieux concierge méchant et bourru. C'est ...Tom !
Il me regarda. J'étais ... soulagé, et pétrifié à la fois. Son regard me transperçait, j'étais bloqué dans mon mouvement, mon souffle, que j'avais oublié de reprendre, devint soudain plus saccadé.
Tom était là, il me regardait.
Mais il ne savait toujours pas qui j'étais. Et ça, je ne savais pas si je le voulais ou pas.
Mon stylo roula jusqu'à ses pieds, chaussures de basket beige, allant avec sa casquette type Rappeur US. Il détourna son regard de moi, pour se poser sur mon stylo. Il se pencha pour le ramasser et me le tendit en me regardant et en souriant. Je frémis. Pourquoi ? Parce que je n'avais jamais pensé, qu'un de ses magnifiques sourires me seraient un jour adressés. Personnellement, du moins. Il me tendit un peu plus le stylo, en émettant un petit rire. Lui aussi je ne m'y attendais pas. Je fonds littéralement sur ma chaise. Et manque de tombé de cette dernière.
Mon dieu, sa voix grave.
«Bah ... c'est ton stylo non ? » me dit-il entre un petit rire. Pas un rire moqueur, mais plutôt ... amusé. Il a l'air si ... mignon. Il faut que je parle. Allez Bill reprends-toi. Bon sang. Sors quelque chose. N'importe quoi ...
« Euh... je... mer- » non pas ce n'importe quoi. Je me sens rougir jusqu'aux oreilles. Il rigole un peu plus, et finit mon mot « ci ? Pas de quoi. J'étais juste venu pour voir si - par chance- le professeur de science avait laissé les devoirs, mais apparemment, il est trop gentil pour ... quel con. Bon. a plus ... Euh ... » Il me regarde, espérant que je sorte un mot. Ou plutôt mon prénom. Il se penche alors sur mon cahier, et lit mon nom et prénom. Oh mon dieu ! Non non non. Je viens de réaliser.
Je saute sur mon cahier et l'éloigne de ses yeux noisettes. Je le regarde effrayé. Je ne sais pas s'il a eu le temps de lire. Il me regarde, les yeux ronds. Presque choqué. La bouche encore ouverte. Il respire fort.
<< Bill ? Bill Hardeson ?... Bill H ... Mais Oui ! >>
Je remballe rapidement mes affaires, peut être un peu trop rapidement, puisque je renverse mon classeur de dessin et mon livre d'histoire de l'art.
« Merde » criais-je.
« Attends ! Attends! J'ai ton journal ! je suis de » bredouilla t-il en cherchant dans son sac mon journal.
Je soupire, comme une plainte. J'ai peur. Je ne sais pas de quoi j'ai peur. Mais j'ai peur. Peut être peur qu'il me juge mal à présent. Pourtant je pensais tout le contraire. Mais là, la situation est différente. Complètement. Il est en face de moi. Il est là. Je ne l'observe plus de loin. C'est plutôt lui maintenant, qui m'observe. Je repris enfin connaissance et commença à ranger mes affaires tombées au sol, alors qu'il me criait de rester.
Je réussis enfin à rassembler toutes mes affaires, avant de me précipiter à toute allure vers la sortie.
Mon c½ur battait tellement fort. J'ai vraiment cru qu'il allait sortir de ma poitrine.
Lui ? Ou ma course folle ?
Je me retournai, pour voir si personne ne me suivait. Personne. Parfait. Je m'adossai alors sur l'un des murs, et m'accroupi dos à celui-ci. Le souffle court et profond. J'avais vraiment besoin de reprendre mon souffle. Je parti soudain dans un fou rire incontrôlé. Mon ventre me faisait mal, et ma gorge était sèche. J'avais envie de pleurer et de rire en même temps. Je ne savais pas pourquoi. J'étais partagé entre une cascade d'émotions, s'écoulant sur mon âme sans arrêt. Ne voulant cesser de couler. Je passai soudain de la joie à la tristesse, mes joues se perlèrent de larmes, je voyais flou, mon souffle se faisait court. Vraiment court. Saccadé. J'étais fatigué d'un coup. Tous ces sentiments mêlés, je n'étais pas habitué à tout ça. Ça m'éreintait vraiment. Mais soudain, une pensée me traversa l'esprit ... Et je souris.
Oui. Il avait mon journal intime.
Oui il avait ma vie entre ses mains.
Mais ce n'était peut être pas si terrible que ça.
Pourquoi suis-je si hésitant ? Lui faisant confiance et appréhendant tout de même. Je mis ma tête entre mes jambes, et soupira bruyamment. Des milliards de choses me passèrent par la tête. Il fallait que je rentre, tout de même. Je serais déjà plus au chaud, et je pourrais réfléchir tranquillement à tout ça. Et qui sait ? Il parlera peut-être de cette rencontre sur son blog.
Une douce sensation me réchauffa le ventre, qui se tordit étrangement. Je frissonna pour la deuxième fois de la journée, et souris malgré moi, en me mordant la lèvre.
Une fois levé du sol, je regardais mes chaussures en me disant qu'il fallait vraiment que je me cire mes Creepers®, quand je vis une chose par terre . Un cahier oublié ?
Je me penchai un peu pour mieux regarder ... mon dieu, c'est... ?
« Oh. Mon. Dieu. » Mon carnet était, par terre, posé à côté de moi. Sans aucunes égratignures. Je me précipitai dessus et l'embrassa comme un con.
C'était lui. Il me l'avait ramené. Je souris, pris mon sac par terre et couru vers le dernier bus après avoir pris soin de ranger Mon journal entre deux cahier.
Le sourire aux lèvres, j'arrivai à la maison, envoya balader toutes mes affaires sur le lit, et ouvrit mon cahier, avec la ferme intention de tout lui raconter dans les moindres détails. Je l'ouvris à la page où mon marque page était mit, je pris mon stylo, et m'apprêtais à écrire quand je vis une écriture qui n'était pas la mienne. Une double page entière. Je survola les lignes sans véritablement les lires. Mon nom était souvent répété. À chaque début et fin de phrase. Cette 'lettre' était signée d'un Tom. Accompagné d'une magnifique écriture. Belle. Simple et penchée de gauche à droite. Il était gaucher.
Je me mis à lire sa lettre.
J'ai ri, soupiré et pleuré.
Ce type m'a fait sourire en une semaine, plus qu'en une vie entière. Je commençais vraiment ... à l'apprécier.