Chapitre 5 : Clin d'oeil.

Chapitre 5 : Clin d'oeil.
« Bonjour. Je sais, tout cela est stupide. Je ne suis que le connard qui t'a ''piqué'' ton carnet ... Et comme tu peux le constater, qui l'a lu. Je suis sincèrement désolé de cela. Mais ça m'intriguait. Et puis, je ne te connaissais pas ! Enfin, je ne sais pas si tu me comprends, mais je n'ai pas l'intention de te dire que tu es nul, ni même pathétique ... ou nunuche ou une méchanceté que tu aurais pensé que je puisse dire (Oulah, compliqué). Non. Je voulais juste te dire que ... Ouah, putain, je l'ai lu, et ça m'a mit la boule au ventre (je suis rouge là). C'était tellement fort. Les quelques mots écrits dedans. Tes émotions m'ont pris et m'ont ordonné, donné envie de ... de je ne sais pas trop quoi faire, en fait. C'est un sentiment que je crois n'avoir jamais ressenti. Ne te méprends pas. Tu es juste foutrement incroyable, je pense. Et tu as beaucoup de courage. Tout ce que je connais de toi, toutes les facettes de ta personnalité m'ont ... étonné. Tu es étonnant. Je n'ai plus le temps - ou je ne veux pas – de t'en dire plus. Si tu en veux plus, réponds-moi. Sur ce même cahier. C'est ton confident. Je veux t'aider. Le moindre des tes problèmes ... Je veux les connaître. Pour ne plus que tu te sentes seul.
Je sais. Pourquoi ferais-tu confiance à un connard qui a mis cent ans à te rendre ton journal intime. Et qui en plus, à l'air d'une racaille. (Ne mens pas, je sais que tu le penses). Ouais ... Bah, je ne sais pas trop en fait. Je pense juste que ... tu devrais le faire. Je t'en prie. Vraiment. Aies confiance ... Je ne me moquerais pas de toi ou un truc du genre ... Je veux juste ... juste ... te connaître autrement, on va dire. Je ne te demande pas encore de contact ... physique. Tes mots me suffisent tant qu'ils te suffisent.

Au revoir. A Bientôt, j'espère.

Ps : tu voudrais une fille ou un garçon ? Lol. X).
»


Je soupire et pose le journal sur ma table. Je ne sais pas trop ... J'hésite. Je le fais ou ... j'en ai tellement envie, oui ... Aller, pour une fois, il faut que je fasse ce que j'ai envie ... Oui.

J'attrape le stylo Arpen® sous mon oreiller et me mets à couvrir cette page blanche d'encre noire. Comme mon âme...

[...]


Je m'étonne moi-même. Les mots me viennent sans que je ne puisse rien y faire, et remplissent à une allure folle les pages de mon cahier. Je ne sais pas vraiment ce que je lui écris. Je n' ai même plus conscience, que ce que je suis en train d'écrire, est destiné à une lecture. J'écris comme j'écrivais avant ... enfin, je me confie. Je ne sais pas pourquoi. Sa lettre m'a peut-être réchauffé le c½ur. Je lui pose des questions et réponds aux siennes. Je lui dis que la rencontre physique est impossible, pour moi. Je ne veux pas. Je veux bien me confier à lui, mais je dois arriver à garder une certaine distance. Je pense. Enfin j'essaie. Et même, il serait trop déçu, je pense. Je ne suis pas quelqu'un d'intéressant. Vraiment pas. Mais j'ai l'impression que son intérêt pour moi est tellement grand.

Pour l'amour du ciel. Qu'est-ce que je suis en train de faire ?

Je deviens fou. Vraiment. Ou folle. Comme vous voulez... Je termine cette lettre en abrégeant un peu ...


« Je veux savoir aussi ... maintenant, tu sais peut-être plus de choses sur moi, que mes parents eux-mêmes ne connaissent pas. Je pense qu'on a assez parlé de moi. Tu veux me connaitre ? Moi aussi alors. Qu'est-ce que tu aimes ? Qu'est-ce qui te fait plaisir ? ...

Dis-moi. ou plutôt, écris-moi.

Bye.

Ps : pour répondre à ta question ... trouve ça stupide, mais je veux deux garçons et une fille. Tu veux des enfants ? Avec ta copine ?
»




Je souris et referme mon journal, le fourrant dans mon sac. Je vais dans la salle de bain et commence à me déshabiller, pour prendre une bonne douche. Aujourd'hui je n'ai pas cours de tennis. J'en profite pour me prélasser un peu. Les cours me fatiguent tellement. Je me fais couler un bain et mets mon tee-shirt dans le panier à linge. J'enlève ensuite mon jean, troué, et le fous lui aussi dans le panier.



Je m'assoie sur ma petite chaise, posée devant le miroir. Je suis fils unique, et cela à ces avantages. J'ai ma salle de bain pour moi tout seul. Ce qui évite bien des ennuis. Elle est toute décorée à ma façon. On pourrait peut-être penser à une salle de bain de fille. Pas qu'elle soit totalement rose, mais bon ... j'ai tous les produits utilisés par les filles : le maquillage, les nettoyants de peau, démaquillants... Je rigole, prends un coton, l'imbibe de lotion démaquillante, en attendant que mon bain soit prêt.



Une fois le bain rempli, une douce odeur flotte dans l'air, une odeur de framboise. Je souris un peu plus au plaisir à venir, et plonge mon corps dedans. Mon corps se crispe au contact de l'eau chaude, puis finit par se détendre. L'eau m'arrive jusqu'aux épaules, et mes genoux dépassent légèrement. J'ai vraiment de trop longues jambes. Je les sors et les regarde. Il faut vraiment que je m'épile. Ça devient la jungle !
Je ressemble à un petit ... petit ... petit singe.



Je rigole toute seule. Oui, il m'arrive de me nommer au féminin. Quand je me sens féminine, comme maintenant. J'ai appris au fil des années, à accepter mon corps. Pas totalement pour montrer à tout le monde, que je suis une femme et un homme, mais assez pour me le montrer à moi-même. J'étais souvent rejeté. Comme une fatalité, une horreur de la nature. Mais j'ai appris au fur et à mesure que cela ne servait à rien de renier la réalité quand elle est face à vous. Il vaut mieux l'accepter. Mon père aime le fait que je sois (partiellement du moins) une fille. Il voulait une fille. Ma mère n'a aucune préférence, je pense. En tout cas, elle ne me l'a pas dit.



Elle me met juste en garde pour le sexe. Elle sait que je suis attiré par les hommes et donc que je peux tomber enceinte. J'ai donc eu un cours sur le sujet. La phobie des adolescents je crois. Je n'y ai pas échappé ! C'était vraiment horrible !



Mais j'ai vraiment peur de cette étape. Si cela m'arrivait un jour, j'ignore si je serais heureux ou totalement horrifié. Je ne sais pas du tout. Une part de moi a tellement envie de ressentir cette sensation, de savoir ce que cela fait ... de porter la vie. De ne plus être seul, mais deux personnes. Cela doit être tellement beau. L'accouchement ne me fait pas peur. Enfin, je ne pense pas. Je pense que c'est un mal pour un bien. Un bien merveilleux. Vraiment. Alalala. Mais tout cela est loin. Pour l'instant, j'ai d'autres problèmes. Comme...



Comme donner ma réponse à Tom, par exemple. Parce qu'il est hors de question que je vienne comme ça : « Salut, ça va ? Ouais, je t'ai répondu. Tiens, mon journal ! » devant tous ses potes. Tss. Non, je virerai au rouge tomate, marmonnerai un truc et m'enfuirai en courant, très vite. Non, non. Humm... peut-être son casier. Oui ! Mais il est où, son casier ? ... Ah oui, le 204. Mon travail de détective n'aura pas servi à rien, finalement.



J'hésite pendant un moment, à mettre mon plan à exécution ... mais, finalement, qu'est-ce que cela peut bien me coûter ?



[...]




« On fait les dernières, s'il te plaît ? Je suis crevé ! » Je crie de l'autre bout de la cours. Le soleil tape sur mes longs cheveux attachés en queue de cheval, trempés de sueur. Je n'ai qu'une envie, là, c'est d'un café au lait, dans ma chambre, propre !



Ben ramasse les balles à côté de lui, les compte et me réponds : « Ok, les quatre dernières ? Tu as une de ces pêches ! C'est dommage d'arrêter maintenant ! » Je fronce les sourcils et relâche ma main. « Ecoutes, je suis crevé. Excuse-moi mais j'ai vraiment envie de me doucher là »



Il se marre et me donne deux balles que je mets dans ma poche. « Bien, fillette. » Je ris jaune et me retourne pour me mettre derrière la ligne, en jurant et murmurant « Tu ne crois pas si bien dire. »



On joue les dernières balles. Elles ne sont pas mal. Par contre, je dois retravailler mon revers croisé. La balle est constamment dans le couloir. Je jure dans ma barbe et me dirige vers le banc, laissant Ben ramasser les balles, encore une fois.



« Tiens, tes balles, Bill. Hum ... je voudrais te parler d'un truc. » Une once d'inquiétude m'envahit. Il est au courant pour mon journal ? Comment ? Ce n'est que mon coach, comment pourrait-il ? « Oui ? » Ma voix est quelque peu tremblante.
« Le tournoi de l'école va débuter dans 2 mois, et ... je voudrais que tu t'y inscrives. »



Je m'arrête net dans mon mouvement. C'est de ça dont il veut me parler. Je soupire bruyamment, en rigolant bêtement. C'est juste ça. Pas de mon journal, mais juste ça. Ok. Bill, détends-toi. Il ne sait pas. Comment le saurait-il ? Ne sois pas idiot.



« Je vais y réfléchir, même si je ne pense pas m'inscrire, dis-je rapidement. Je n'ai ni le niveau, ni le charisme. » Je l'entends soupirer. « Bill tu as le niveau. Peut-être quelques entrainements encore. Mais tu as le niveau. Tu es même meilleur que la moitié des élèves de cette école, Bill »



Je souris et mets mon sac sur le dos. « Ne dis pas de sottises, s'il te plaît. Je n'y participerai pas. Ma mère doit m'attendre. À la prochaine ! » Je l'entends soupirer de nouveau et continuer à ranger ses affaires. Moi je m'éponge le visage, en même temps que je sors du cours. Je regarde les escaliers qui sont face à moi. Je suis sûr qu'ils sont là pour achever les joueurs après les matchs. Il n'y a que cette option.



J'allais entamer la première marche, quand mon portable vibre dans mon sac à main. Je m'assoie sur les marches et cherche ce fichu portable ... Ah, le voilà.



« Dad' » Hum ... je décroche. « Oui ? Ne m'appelle pas Billy ... Oui ... Ah ? Pourquoi ? ... Oh. Okay. Tu viens me chercher alors ? ... Dans combien de temps ? Papa, je suis crevé ! Il me faut une douche ! ... Non je ne peux pas marcher ! ... Parce que ! Ouais, ok ... Quinze minutes, pas plus ... Ah ah. Bye. »



Je soupire et jette mon portable dans mon sac, même si je sais qu'au prochain appel, je vais encore m'insulter pour l'avoir jeté. Je vais encore passer un quart d'heure à attendre que papa daigne finir sa réunion pour venir chercher sa « Billy chérie ». Oui, bah en attendant, Billy chérie est trempée et fatiguée. En plus, tous les joueurs qui passent me regardent. C'est vrai que je n'ai pas l'air bête, assis dans les escaliers, trois sacs dans les bras (mon sac à main, mon sac de cours et mon sac de tennis). En plus, je dois avoir une tête de déterré, tout mon maquillage ayant coulé. Super.



Je me mets donc contre le mur, les lunettes de soleil sur le nez. J'ouvre un livre et lis, en attendant le prochain appel de mon père.



Soudain, j'entends un rire que je connais. Je me crispe. Oh mon Dieu, pas lui ! Je lève discrètement la tête. Si. C'est lui. Mon Dieu, mon Dieu ...
Faites qu'il ne me voit pas ...



En fait, je ne sais pas si je veux qu'il me voit ou pas ...




Il s'approche un peu plus, descendant les escaliers nonchalamment, en riant avec un de ses amis. Il arrive à mon niveau et s'arrête net de rire, lorsqu'il me voit. Je pince les lèvres, en replongeant le nez dans mon livre. Je l'entends, il continue de marcher, après m'avoir adressé un doux sourire qui me réchauffe le c½ur.


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Rappel : Prévenu ?

# Posté le lundi 09 février 2009 11:36

Modifié le samedi 24 octobre 2009 09:55

Universally Speaking...

Maintenant mon autre fiction est terminée, je vais pouvoir me consacré entierement a celle-ci.

Suite avant Mercredi soir.

# Posté le jeudi 26 mars 2009 13:51

Modifié le mardi 14 avril 2009 06:33

Chapitre 6 : Rencontre.

La vie s'écoulait pour une fois sans que Bill n'ait besoin de se plaindre. Les notes qu'il recevait s'enchaînaient, et largement au dessus de la moyenne. Presque l'une des meilleures moyennes de la classe. Le tennis était au beau fixe, car l'automne se finissait, et c'était - du moins pour lui-, un véritable plaisir de jouer dans le froid. Les sensations que ce temps procurait à son corps, même si elles n'étaient pas forcément bonnes pour son organisme, ils les adoraient.

Normalement, aujourd'hui était le dernier jour de l'automne, le brun décida alors, à la sortie des cours de se promener dans les rues et de profiter du dernier jour de sa saison préférée. Quand la sonnerie annonça la fin des cours, il se précipita vers la sortie tout sourire. Ça sentait malheureusement déjà l'hiver. Quelques fines gouttes de pluies lui tombaient sur le nez. Rien de bien méchant, mais c'était embêtant. La porte de l'école passé, il se souvint qu'aujourd'hui était l'un des jours où il devait récupérer son Journal, que Tom déposait dans son casier. Il se mit alors à courir à grandes enjambées vers son casier, espérant ne pas se faire enfermer dans le lycée (Quel cauchemar !).

Arrivé dans le couloir, il reprit doucement sa respiration, jurant de ne plus courir aussi vite pour quelque chose qui pouvait bien attendre quelques minutes. Quand il leva la tête, sa respiration ne fut plus son principal problème. En faite, Bill ne su pas si son principal problème était de savoir comment aillait-il courir assez vite pour repartir, ou comment allait-il faire arrêter son c½ur qui battait maintenant à deux cent battements par seconde. Quoique l'un allait avec l'autre. Ou était son contraire. Bill ne savait plus.

Il était là, essayant de passer le journal dans le fin bandeau d'espace de son casier. À moitié plier en trois, ses lèvres pinçant sa langue et ses sourcils froncés. Bill ne pu s'empêcher de penser qu'il était vraiment mignon dans cette position ...

« Putain de casier de mes couilles, c'est toujours le même problème, bordel ! » Cria t-il. Tom était contrarié. Non pire. Ennuyé. C'était, comme il le disait toujours, le même combat. Il se dit qu'il ne savait ce que Bill avait dans son foutu casier, mais qu'il devrait lui en faire part. Au moins pour que ça lui en facilite l'accès. Déjà qu'il était obligé de rester un peu après les cours pour attendre que tout le monde parte afin d'insérer le journal dans le casier. Si celui-ci en plus faisait des siennes ! Il souffla et jura encore. Ce n'est pas qu'il avait honte ou quoique ce soit d'entretenir des correspondances avec Bill, c'était qu'il faisait tout ça pour protéger Bill. Il ne voulait sûrement pas que tout le monde le sache. Alors il faisait en sorte que personne ne soit au courant. Il lui avait déjà assez fait la honte en créant un article sur lui. Indirectement certes mais bon, tout de même. Il l'avait supprimé bien sûr, dès sa première rencontre avec Bill.

Celui-ci avait observé toute la scène, et ne pu s'empêcher de rire. Ce qui apparemment déconcentra le blond qui sursauta et fît voler le journal en l'air. Bill regretta immédiatement son action et resta pétrifié. Merde, merde, merde.

Il y eu deux secondes de silence puis, Tom rigola se rendant compte du ridicule de la situation. Leurs regards se rencontrèrent, et Bill croisa ses pupilles rieuses et joyeuses. Il se gratta la tête, signe de gène.
« Prit en flagrant délits ! Désolé mais ton casier est impénétrable ! Je devais pas avoir l'air fin ...»

Bill ne répondit pas, mais cacha son visage dans ses mains gantées. Il riait de bon c½ur. Tom était vraiment ridicule. Il entendit un rire se joindre aux siens. Celui de Bill s'arrêta net. Il écoutait le son le plus merveilleux au monde. Une onde de bonheur raisonnait dans le couloir du lycée londonien. Tom s'était penché et ramassai le journal ainsi que quelques dessins qui étaient fourrés entre deux pages, éparpillés par terre. Bill le regarda faire, se foutant complètement que son attitude paresse impoli ou pas. Le rouge lui monta au joue quand il vit Tom toujours accroupi, le journal dans les mains, le regardant avec amusement. « Tu es sûr que ça va ? »

Le sang afflua dans les joues de l'interlocuteur, et il fit mine de trifouiller son écharpe en laine, en hochant la tête. Tom se leva, remit en place son large T-shirt, et s'approcha doucement de Bill, qui eu un petit mouvement de recul. Il n'avait pas l'habitude que quelqu'un le regarde, et encore moins ne s'approche de lui. Ou alors c'était inconscient. En l'occurrence là ça ne l'était pas.

« Hey, relaxe toi ... je veux juste te le rendre ... » Il le dit en secouant doucement le journal, comme pour prouver sa bonne foi. Il se remit en marche, et avança à quelques centimètres de Bill. Tom pouvait sentir l'odeur de Bill. Il sentait comme ... comme quelqu'un de bien pouvait sentir. Une odeur qui vous donnait envie de vous approcher un peu plus, et de goûter. Quelque chose de sucrée et réconfortant. Mais Tom ne pouvait pas avancer car Bill partirait en courant. Il reprit un peu de contenance et tendit doucement le journal à Bill. Il avait l'impression de communiquer avec un animal sauvage. Quoique Bill n'avait rien de sauvage, il ressemblait plus à un chat. Oui, un mignon petit chat.

C'est à ce moment là que Tom se rendit compte de la beauté de Bill. Bill était beau. Personne, même lui, ne pouvait le nier. C'était peut-être la raison pour laquelle il était si différent. Quand Bill fronça les sourcils, Tom crut voir une fille. Il leur ressemblait tellement- normal c'en était un ... une ? Ugh. Sa bouche pulpeuse et rose devait être enviée par bon nombre de filles, et ses yeux en amande sagement maquillé étaient d'un charme effarant. Il n'avait pas pu bien apercevoir la couleur des yeux de Bill, mais il était sûr qu'ils étaient comme le reste : magnifique. Les traits fins du visage ovale de Bill relevaient des dessins des plus grands artistes. Sa peau était pâle et laiteuse. Elle avait l'air douce. Tom aurait voulu la toucher. Cette dernière pensée claqua comme une baffe dans l'esprit de Tom. Il était cinglé, putain.

De son côté Bill se triturait les méninges pour savoir la meilleure façon dont il devait prendre les choses. Ok, ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre, et il était sûr que Tom pouvait entendre les battements frénétiques de son c½ur. C'était pourtant simple, tendre la main, et prendre ce foutu journal. Non. Non, son corps refusait catégoriquement de faire le moindre geste. « Bill ? » Le sujet sursauta, et tendit une main tremblante vers le journal. « Wow ... Bill, je ne vais pas te manger. Et regarde- moi ... je ne suis pas différent de ce que je t'écris ... enfin peut être en plus beau qui sait ! » Tom rit encore et Bill eu envie de pleurer. Il était ridicule. Faire un blocage pareil pour si peu de chose. Mais ce n'était pas de sa faute. C'était la première fois que quelqu'un lui parlait vraiment. Alors ... il méritait peut-être un peu de temps. Pourtant on ne pouvait dire qu'il ne s'était pas préparé. Il avait imaginé tous les scénarios possibles et imaginables. Il se souvenait à la lettre de ce qu'il devait faire, il y a quelques minutes. Mais là, son cerveau était comme désert, vide de tout, rempli de rien.


Tom se racla la gorge. Il se demandait si Bill allait finir par dire quelque chose. Est-ce que c'était de sa faute ? Il ne voyait rien dans ce qu'il avait dit qui aurait pu le contrarier. Il se remit en tête tout ce qui gênait, importunait, énervait Bill, mais il n'avait rien dit de tout cela. Il soupira, déçu. Il voulait parler à Bill. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de relation. Il avait eu du mal parfois, à ne pas tout arrêter, et aller voir Bill directement. Parfois quand il lisait les choses que Bill écrivait, Tom n'avait qu'une envie, c'était d'aller le prendre dans ses bras. Mais une telle chose était impossible. C'était ce dont Bill avait besoin pourtant. Tom en était sûr. Mais il n'en avait peut-être pas besoin maintenant. Et ça frustrait beaucoup Tom.

« Excuse-moi » Une voix douce et mélodieuse sonna dans l'air. Presque comme une supplique. Tom n'était pas sûr de l'avoir entendu tellement elle avait été prononcé doucement. Il se demanda alors si ça n'avait pas été une illusion auditive, preuve qu'il avait vraiment un problème comme se tuait à lui rabâcher ses amis, ou si Bill avait vraiment parlé. Enfin ?

« Que... euh, quoi ? » Il crut que Bill ne pouvait pas rougir plus qu'il y a quelques instants, il s'était encore une fois trompé. Les joues d'un rose charmant de Bill avaient virées à l'écarlate. Mais c'était toujours mignon. Il se mordit la lèvre, se retenant de sourire se doutant bien que Bill le prendrait mal, et le regarda comme si c'était la chose la plus importante au monde, s'apprêtant à gober la moindre de ses paroles.

« Je suis désolé. Je dois te paraître stupide et bête. Je suis désolé. » Tom crut que son c½ur allait exploser. Un mélange d'excitation et de joie coulait dans ses veines, et sa peau semblait irradiée. C'était vraiment étrange. Tom, lui, souriait à pleine dents. La voix de Bill était douce et belle, un peu hésitante et charmante. Il aurait voulu l'entendre encore. Mais il savait l'effort que ça avait coûté à Bill pour prononcer ces quelques mots, alors il allait s'arrêter là. Il analysa alors un quart de seconde, ce que Bill lui avait dit. Pourquoi était-il désolé ? Il n'avait pas à l'être. C'était stupide. Vraiment. C'est lui qui devait être désolé. Il ne savait pas comment se comporter. Et c'est plutôt lui qui était stupide. Bill était vraiment ... incroyable. Tom rit sans humour, et dit tranquillement à Bill qui ne savait plus ou se mettre.

« Tu n'as pas à l'être. Ça me conviens très bien. Je ... enfin, c'est moi qui suis désolé. J'ai dû faire quelque chose qui t'as gêné sans m'en rendre compte. Alors ... ouais. Chui ... enfin... désolé quoi. Vraiment. Je vais te laisser, parce que sinon je vais louper le dernier métro, et je n'ai vraiment pas envie de me taper 23 pâtés de maisons à pieds » Il rit encore, se gratta la tête « Alors, je te dis à bientôt ... J'espère ? »

Pour la première fois, Bill adressa un sourire à Tom, qui fut soudain traversé par une vague de sensation chaude. Wow, se dit-il. Il sourit gauchement, et posa le journal sur le rebord de la fenêtre juste à côté d'eux. Une fois de nouveau en face de Bill, il se demanda ce qu'il devait faire ... Lui serrer la main ? Mauvaise idée ... Lui faire la bise ? Il n'était pas une fille ... Enfin pas complètement. Peut-être ... Tom sourit, Bill avait de nouveau la tête baissée, triturant ses doigts fins et soignés, comme une fille songea Tom. Finalement, il prit la nuque de Bill, et l'attira contre lui. Le c½ur de Bill s'arrêta quand les lèvres de Tom touchèrent son front.

Ce fut un instant magiquement excitant pour Bill. Personne ne lui avait jamais fait ça. Oui. C'était incroyable. Les lèvres de Tom étaient douces et chaudes, et appuyaient sur sa peau avec une force adéquate. Les mains sur ses cheveux étaient, elles par contre, froides, et ses doigts paraissaient longs et fins. Avant même que Bill n'ouvre les yeux, Tom n'était plus là.

Peut-être était-il resté comme ça longtemps ? Bill ne su pas.

Toute façon, Bill avait remarqué qu'il ne savait plus rien, quand Tom était proche de lui.


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J'aurais dût la poster hier, je suis désolé problème de connexion.
Donnez-moi vos avis sur cette première vrai rencontre.

Bisous, portez vous bien <3

# Posté le mercredi 15 avril 2009 12:55

Modifié le samedi 24 octobre 2009 09:44

Chapitre 7 : Problème de Papillons

Chapitre 7 : Problème de Papillons
La neige s'écrasait sur la fenêtre de la grande chambre de Bill, la salissant, et la rendant blanche, avant qu'elle ne fonde et laisse derrière elle une traîné d'eau sûrement glacée. Le chauffage dans sa chambre était à fond, et Bill était enfoncé dans son lit entre les couvertures. Son portable reposait sur les plis des multiples duvets.

Bill avait un problème. Non. Enfin si. Mais Tom ne pouvait pas être un problème non ? Il n'en savait foutrement rien. Non, Tom n'était pas le problème. Bill était le problème. Pourquoi avait-il toujours cette foutu timidité dans les veines? Il sortit la main des couvertures, réprimant un petit frisson dû à la température changeante, et l'approcha en tremblant du portable, puis se ravisa et l'apporta durement sur son visage.

Pourquoi Tom lui avait-il donné son numéro de portable ? Il ne pouvait pas lui infliger ce genre de torture enfin ! C'était presque inhumain ! Et puis c'était quoi, cette nouvelle façon de dire au revoir dans ses lettres. « Je t'embrasse ». Non ! Il ne pouvait pas écrire ça après le baiser sur le front qu'il lui avait donné. Bon, il l'avait écrit avant, mais, il ne pouvait pas. Comment pouvait-il ne pas avoir des pensées incorrectes après avoir lu ça !?
Oui, bon, enfin c'est vrai que ce genre de pensée ne devait pas traverser des personnes normales. Mais Tom savait bien que Bill n'avait absolument rien de normal. Ou alors, il fallait revoir la définition.

Bill s'enfonça un peu plus dans le lit. Il ferma fort les yeux, espérant que quand il les ouvrirait de nouveau, le portable aurait disparu. Mais la seule chose qui lui apparut pendant que ses yeux étaient fermés, était les chiffres du numéro de téléphone de Tom. Il les connaissait par c½ur maintenant, après les avoir lu une bonne centaine de fois. Il grogna.
Et ré-ouvrit les yeux. Le portable était toujours là.

Bill jura, et d'un coup de main vif, attrapa le portable et composa les chiffres qu'il avait vu il y a quelques minutes. Mais au moment d'appuyer sur l'horrible petit téléphone vert, il hésita. Puis il se dit « Comme dit ma grand mère, on n'a qu'une vie ! » Alors son doigt appuya sur la touche. Il mit son portable à l'oreille, se plongea dans les couvertures, et alors qu'il entendait des sonneries dans son oreille, il se mit à répéter inlassablement.

« Réponds pas, réponds pas, réponds pas, réponds p-»

« Allo ? » Bill jura. Tom avait l'air d'être sortit d'un fou rire, en tout cas il rigolait à moitié et il y avait du bruit derrière lui. Peut être était-il avec sa bande d'amis. Oh seigneur. Non. Pitié. Il ne voulait pas que Tom lui parle, avec sa bande d'amis autour.

« Alloooo ? » répéta Tom, il était sur le point de rire encore, alors qu'il engueulait gentiment, un (une ?) ami(e?) à côté de lui. « Arrête ça, cochonne va ! » Un gloussement féminin sortit de loin derrière le téléphone, puis un claquement sonore se fit entendre, plus proche par contre.

Le bruit provenait donc de sa copine, qui venait apparemment de lui donner un baiser. Bill se sentit rougir, et ses mains devinrent plus moites, mais sa prise se fit plus forte autour du téléphone. « T-Tom ? »

Il y eu un silence, « Mon dieu, tu m'as finalement appelé ! »
Finalement ? Est ce qu'il attendait son appel ? Cette pensée fit sourire Bill. Peut être avait-il stressé autant que lui ? Cette idée, par contre fut vite, balayée, quand Bill entendit Jade, la copine de Tom, glousser encore à travers le téléphone.

« - J-je te dérange, je vais te laisser pardon aure-
-Non ! Non, attends, elle est juste trop ... enfin ... tu vois?! »

Pas exactement. Mais ce n'était pas important. Si ?

Il y eut des bruits de pas, quelques mots échangés de loin, et une porte qui se fermait. Ou s'ouvrait ? Peu importe, Tom avait l'air d'être seul.

« - Je suis content que tu m'appelles. J'avais peur que tu ne le fasses pas.
- Je t'avoue, que j'allais ne pas le faire.
- Ça aurait été bête. Tu n'aurais pas pu entendre ma belle voix. »

Bill rougit. Tom avait effectivement une belle voix. Une voix rauque, et qui ne tremblotait jamais. Du moins, pas autant que celle de Bill. Il avait tout le temps l'air sur de lui. Ça faisait parti de son charme.

« - Euh, tu es encore là ?
- Oui oui ! » S'empressa t-il de répondre « Pardon, je réfléchissais. Tu sais si Jade s'impatiente tu devrais peut-être aller-
-Bill. Je t'ai dis que c'était Ok. Elle attendra. Et comment tu sais que je suis avec elle? Ça aurait pu être quelqu'un d'autre.
-Oui, mais tu m'avais écrit que tu l'aimais, et que tu étais fidèle aux gens que tu aimais ...
-Oh...ouais. J'écris de grandes conneries aussi parfois hein. Ne te fis pas à tout.
-Est-ce que tu veux dire que tu n'es pas fidèle ?
-Je ne l'ai pas dit. Je veux dire ... que ... bon...eh bien il peux m'arriver d'être intéressé par quelqu'un d'autre ... Et par conséquent, de regarder, quelqu'un d'autre qu'elle ... »


Bill ne répondit rien et se contenta d'ouvrir grands les yeux. Il était novice en matière de tout ce qui était flirte, drague et autre mais ... Tom venait-il de ... Il fût couper dans ses réflexions par la voix mélodieuse de Tom

« Est ce que ... enfin. Est-ce qu'on pourrait se voir ? Je ne sais pas ... juste ... s'amuser tu sais ? Sortir, un soir ... ou même une journée ! Je m'en fiche ... je voudrais juste ... tu sais, te voir. Autre part qu'à l'école, ou à l'entraînement ... »

Bill s'agita. Tom l'avait donc vu, jouer. Oh Dieu ! Il cru qu'il allait s'évanouir. Il ne pouvait pas l'avoir vu. Bill jouait si mal. Il avait vu Tom jouer. Ses muscles travaillant et sa mine concentré sur la balle. Il était beau, et ... si attirant quand il jouait. Bill n'aurait jamais cru dire ça de quelqu'un en sueur. Mais bon. Et puis, autre que son sex appeal, Tom jouait extrêmement bien. Avec fluidité, et des gestes amples. Son atout était ses balles croisées. Tout le contraire de Bill ... peut être que ... oh, Bill ne soit pas bête, se dit-il.

Tout son corps bouillonnait. Non, Tom ne pouvait pas encore le voir. Non, non. Et si, et s'il s'enfuyait ou un truc comme ça. Le téléphone était déjà bien assez bon Dieu ! Mais il ne pourrait jamais lui dire non.
L'image de Tom et son visage d'ange se plaqua brutalement dans le cerveau de Bill. Comme un élastique qui vous reviendrait à la figure. Rien que de l'imaginer, lui donnait des frissons partout. Il sentait ses joues devenir plus chaudes, est sûrement plus rouges qu'elles ne l'étaient déjà. Non, il ne pouvait pas le voir. Il aurait l'air ridicule. Oui. Trop ridicule. Sûrement rouge comme une cerise mûre, et ... et tout petit... Il n'oserait pas parler, et il n'arrêterait pas de se gratter l'avant bras (Tic nerveux...). Tom s'enfuirait en courant. Et puis ... comment se comporterait-il envers lui ! Ou elle?

« Tom je ne suis pas-»

Un soupir se fît entendre de l'autre côté du fil. Puis Tom se racla la gorge après avoir juré.

«- C'est OK ... On fera comme tu veux. C'est toi qui mène le truc ... juste ... si on ne peut pas se voir ... Appelle moi souvent ... Ok ? »

Bill se leva précipitamment de son lit, manquant de tomber à terre. Son c½ur battait trop vite et ses mains moites, mouillaient tout le téléphone. Il avait trop chaud sous les couvertures maintenant. Et ses pieds frétillaient comme si des milliers de fourmis les traversaient. Par contre les papillons qui s'éclataient dans son ventre ce n'était pas à cause de Tom. Si ?

« - Oui, oui ok ... je ... Ok. »

Il entendit un rire retenu, et un raclement de gorge, suivit d'un grognement étrange.


« Je vais te laisser OK ? Sinon, je crois que Jade va encore me bouder pour genre ... une semaine. Putain de nanas ... Euh, enfin, je veux dire-
- C'est OK. »


Dit Bill en gloussant, un peu comme une fille, en répétant les propres mots de Tom. Ce dernier remarqua cette manière très féminine de rire, ça lui fit quelque chose. Pas négatif, mais très ... très ... Il ne savait pas, mais ça le faisait sourire c'est tout !

« Ok, c'est ... c'est cool alors. Je te laisse. A plus ?
- Oui. A plus.
- Ouais je te laisse ... Bye.
- Tu l'as déjà dis, Tom. »


Il entendit un rire mélangé à un gémissement étrange. Bill ne sût pas si c'était Jade qui revenait à l'assaut ou ... Lui ? Il aurait aimé que ce soit lui.

« Je suis con, Putain. Aller, bonne journée Bill. »


Bill ne répondit pas, incapable de sortir un mot. Son prénom dans la bouche de Tom sonnait comme une mélodie digne des plus grands musiciens. Il sourit.

Les papillons dans son ventre étaient toujours là, et il souhaitait qu'ils y restent encore quelques temps. Mais pour cela ... son téléphone allait lui être utile.

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Désolé, je me suis endormie hier comme une masse.
Voici, Le chapitre 7.
Aimer ? Aimer pas ? Pourquoi ?
Correction ce soir.

# Posté le jeudi 07 mai 2009 14:38

Modifié le samedi 24 octobre 2009 09:12

Chapitre 8 : Conversations téléphoniques.

Chapitre 8 : Conversations téléphoniques.
Chapitre 8

Des rires se firent entendre depuis la chambre de Bill. Sa mère trouvait ça bizarre, mais c'était sûrement une de ses choses d'adolescents qu'elle ne pouvait pas comprendre. Il ne valait mieux pas le déranger. Mais les rires s'intensifiaient, et tout devenait vraiment étrange ces dernier temps. Bill était toujours si ... euh ... vous savez ... épanoui. Il souriait tout le temps, et était toujours de bonne humeur en se rendant à l'école. Il voulait même y aller à pied, ce qui ne s'était pas produit depuis la première année de collège, le premier jour de classe.

Il voulait montrer à sa chère maman qu'il était un grand garçon. Et qu'il pouvait parfaitement se débrouiller tout seul. Ça, sa mère en était parfaitement sûre. Oui. Elle avait toujours eu confiance en Bill. Il était tout ce qui avait de plus courageux. Et puis, il était un garçon très débrouillard. Son père n'était pas souvent là, car il était médecin et donc, souvent appelé pour de diverses urgences. Sa mère aussi travaillait. Elle avait été mère au foyer, pendant les premières années de la vie de son seul et unique fils, pour profiter au maximum de lui. Elle avait travaillé, avant sa grossesse, mais avait mit un terme à sa carrière d'avocate pour son fils. Mais son travail lui manquait. Et dès le moment où Bill avait commencé à s'enfermer dans sa chambre et ne faisait rien d'autre que cela de la journée ... Isabelle s'était vraiment mise à ... s'ennuyer. Elle avait donc repris le travail, et adorait travailler. Même si l'argent n'était pas un problème, elle n'avait jamais aimé se faire entretenir. Et surtout, passer pour une profiteuse. Ça non alors ... Les bureaux et les tribunaux étaient le meilleur cadre, à cette époque de la vie. Elle trouvait encore du temps pour son fils. Elle le ramenait, et l'emmenait à l'école. Enfin. Elle devait vraiment utiliser le passé. Parce que c'était vraiment de l'histoire ancienne tout ça.

Elle entendit encore un autre éclat de rire de son fils, raisonner dans la cage d'escalier. Elle soupira. Il avait sûrement, un petit ou une petite amie. Elle sourit. Ça serait tellement bien, qu'il parle à quelqu'un d'autre qu'à son journal intime, et qu'à elle-même. Elle espérait juste que ça n'irait pas trop loin, et que son petit Bill ne révèlerait pas des secrets qui pourraient lui faire mal par la suite.

...


" Tom, tu es, tu es si ... si stupide !"
- Ouais, c'est ce qu'on me dit tout le temps."
- Vous avez des jeux étranges, avec vos amis ! "
- Ouais, Mais c'est marrant ! Et puis, on ne risque rien ce n'est pas comme si elles allaient nous courir après avec le slip sur les chevilles, les vielles dame affriolantes !
- Oui en même temps ! "

Tom rigola encore au bout du fils, puis un silence apaisant suivit. Ils devaient en être au ... vingtième appel de la semaine ? Bill l'appelait souvent maintenant. Et son journal commençait à accumuler de la poussière. Effectivement, quelques jours après son premier appel, une semaine s'était écoulée. Bill n'avait pas osé le rappeler même après les supplications de Tom. Enfin, n'exagérons rien, la demande polie de Tom. Mais, il avait finalement réussit à l'appeler, et il le faisait, parfois, plusieurs fois dans la journée. Bill adorait entendre la voix de Tom au téléphone. Il avait toujours une superbe voix, et il ne semblait jamais s'en lasser. C'était d'ailleurs assez frustrant. À peine avait-il raccroché le téléphone, qu'il n'avait qu'une seule envie, c'était de rappeler. Tom inspirait en lui cette envie constante, comme un feu qui ne s'arrête jamais de brûler au fond de lui; il ressentait une douce douleur, au fond de ses tripes, quand il lui parlait. Et même quand Tom prononçait son prénom ; là c'était un brasier qui s'ouvrait, et s'engouffrait dans son cerveau, ne lui laissant aucun répit. Il était sûr de pouvoir parler à Tom une éternité sans se lasser.

Bill ne voulait absolument pas le dire à Tom, mais il éprouvait des sentiments un peu trop fort, et fougueux que ce que l'ont doit normalement ressentir pour un ami. Enfin, il ne connaissait pas le sujet en profondeur, mais est-ce que les amis rêvaient des autres amis le soir ? Et ce pas de manière très...catholique allons-nous dire, pour rester dans le politiquement correcte. C'est aussi pourquoi Bill, éprouvait le besoin d'appeler tout le temps Tom, pour se rassurer que ce dont il rêvait, restait du domaine du rêve, et ainsi se rattacher à la réalité. Réalité qu'il voulait tout simplement ne pas accepter, qui sait ? C'est vrai quoi ! Tom ne pouvait pas l'aimer. Enfin, Bill ne savait pas s'il voulait que Tom l'aime ! Apres tout, lui ne l'aimais pas, n'est ce pas ? Bah oui. Qu'elle idée !

Qui voudrait de Bill ? Bill était une chose. Oui, il fallait l'avouer, une chose. Il ne savait jamais qu'elle case cocher dans les questionnaires stupide " Femme " " Homme " ...Est-ce qu'il pouvait rajouter, une case, Marqué " Hermaphrodite " ? Qui voudrait de lui ? Sérieusement ? Surtout quand on savait tout les détails. Comme Tom. Et puis Tom n'était pas homosexuel, il était avec Jade. La Femme par excellence. Belle poitrine, belles fesses. Pas trop gros, pas trop petit (Les seins et les fesses hein), des longs cheveux brun, presque noirs, avec une frange carré très épaisse, un corps de rêve. Elle n'avait pas de style particulier. Très classique. Elle ne trainait pas avec les miss populaires du lycée. Jade paraissait les apprécier sans plus. Elle avait sa bande d'amis, les même que Tom à peu près, et vivait une vie assez tranquille. Tom n'avait jamais entendu de rumeurs à propos d'elle. C'était une gentille fille. Bill n'était juste ... rien.

Un raclement de gorge à l'autre bout du téléphone rappela Bill à l'ordre. Il retint ses quelques larmes, dont il n'avait pas prévu la venue, et se força à sourire, même si celui à qui il était adressé ne pouvait ni le voir, ni lui répondre. Bill entendit un petit cri derrière le téléphone, puis un gros bruit sourd suivit d'une respiration haletante et d'une multitude d'insulte jetées à un meuble quelconque. Bill éclata de rire.

" - Qu'est ce qu'il t'arrive ?
- Non mais je me balançais sur ma chaise et puis...bah j'me suis fracassé la gueule quoi !"

Bill eu un autre excès de rire qu'il n'essaya même pas de contrôler. Il état tellement libre, et sans retenue avec Tom, que ça en devenait effrayant. Il ne se reconnaissait plus. Comment quelqu'un peu-t-il changer autant en si peu de temps ?

"- Non mais je me suis fait mal !
- Eh bien si tu sais que tu peux te faire mal, pourquoi le fais-tu ? Je rêve !
- Maman, c'est toi ?
- Je ne suis pas ta mère ! "

Gloussa Bill, n'étant même pas vexé. Tom faisait souvent des blagues sur l'hermaphrodisme de Bill. Et le concerné trouvait ça toujours très marrant. Même si parfois elles le gênaient, lui rappelaient que Tom savait tout et qu'il ne l'avait pas oublié. Mais vaux mieux en rire qu'en pleurer, non ?

Tom avait toujours des commentaires stupides, qui amenaient à des conversations stupides, à propos de choses sans rapport avec le sujet précèdent. Et pourtant, c'était toujours amusant. De temps en temps, il rappelait Tom à l'ordre, parce que ... parfois il déviait un peu trop du sujet principal. Mais bon, bien souvent, il laissait tom parler. Juste pour sa voix. Sa belle voix.

" - Tu sais, ils sont sympas, mes potes.
- J'en suis sûr ...
- Je suis sûr qu'ils t'apprécieraient, et que tu les apprécierais également.
- Je n'en suis pas aussi sûr.
- Ah ouais ?
- Ouais.
- Oh tu recommences!
- Ok, c'est un mot 'favoris' Ouais, mais ce n'est pas comme si j'avais à le prononcer souvent!
- C'est vrai aussi !"

Les liens s'étaient tissés entre eux, auparavant. Mais ils étaient encore plus forts maintenant. Ils entretenaient un autre rapport. Bill ne pouvait pas dire ce qui avait changé entre eux. Mais ... quelque chose s'était ... s'était débloqué. C'est vrai que Bill parlait vraiment librement, faisait des phrases ... grammaticalement correctes, avec un verbe et un groupe nominal, même s'il arrivait encore à Bill d'hésiter, et de dire des choses incohérentes. Mais ce n'était pas de sa faute. Bill ne pouvait pas s'empêcher d'être déconcentré par Tom. Tellement que ça en devenait gênant. Même au téléphone. Il n'arrivait pas à gérer ça et qui sait, peut-être qu'il ne le gérerait jamais ? Et il était sûr que Tom le savait. Il en jouait. Quel petit con. Charmant, petit con.

" - Bill, tu sais on se voit mercredi au parc ... si tu veux, tu peux venir.
- Tom non je-
- Oh merde Bill ! Tu sais que je pourrais te voir partout. Même dans les toilettes du lycée si tu veux. Tout ce que je veux, c'est te voir !
- Non.
- Bon, désolé je voulais juste voir mon ami.
- Mais Tom, je ne peux pas être avec tout ce monde dehors ... Et surtout vu par tout ce monde. Pourquoi? Enfin ... tu sais ... Tu as vu la première fois qu'on s'est vu, même pas 15 minutes, je ne pouvais même pas sortir un mot ... Je-
- Attends, on se connaît plutôt bien non ? Et là tu me parles comme ... enfin ... tu vois! On se parle !
- Ouais mais c'est parce que tu es à des centaines de mètres de moi ... voire des milliers. Alors forcement, c'est plus facile.
- De toute façon c'est bien simple, tu veux que personne ne t'approche de près ou de loin. Je ne sais pas par quel miracle j'ai réussi à faire ça ! Tu n'es qu'un putain d'asocial Bill !
- Mais bon sang qu'est-ce que tu attends de moi ?!
- Que tu te rendes compte que ce n'est pas une vraie vie ce que tu vis. Bordel Bill ! Ce ne sont que quelque mots à prononcer, et des discutions ! C'est quelque chose de normal pour des gens normaux!
- Est-ce que tu veux dire par là que je ne suis pas normal ?
- Non je veux juste dire que j'en ai marre d'entretenir des relations amicales avec ton putain de téléphone, et par voix interposée ! "

Le ton de Tom avait monté, et celui de Bill n'allait pas tarder à monter lui aussi. Ils avaient eu cent fois la même discussion. Bill n'allait pas céder. Mais d'habitude Tom laissait tombé, et finissait par avoir un ton plus doux, et s'excusait. Pourquoi Bill sentait alors cette douleur dans son ventre, pas aussi agréable que celle d'il y a quelques minutes, lui lécher la gorge, et lui faire si mal ? La si bonne chose s'était-elle brisée ? Non. Elle ne pouvait pas se briser ! Bill s'y était trop accroché !

" Oui mais...et si je ne peux pas ? Tu me ...tout cela me gêne tellement !
- Comme tout le monde lorsque qu'on commence à avoir des potes ! Mais ça passe bon sang ! Tu as si peur du nouveau ? Sors de chez toi ! Commence une vie ! Tu compte rester comme ça toute ta vie ? Enfermé chez toi avec son stupide journal ! ?
- Stupide journal ?
- Ou alors ça à peut-être un rapport avec cette putain de femme que tu es ?! "

Bill n'en croyait pas ses oreilles ! Comment osait-il ? Il était en train de recevoir tous ses secrets les plus durs à la figure. Comment pouvait-il ? Comment osait-il lui dire de telles horreurs ?! Tom lui avait pourtant promis que ça n'arriverait jamais ? Comment en était-il arrivé là ? Comment pouvait-il lui dire qu'il n'était qu'une putain de femme avec un stupide journal ? Là Bill n'était plus en colère ou énervé. Il avait juste envie de tout foutre en l'air, l'envoyé au diable ... Il était triste. Tom le décevait. Toutes ces camaraderies et millions de mots écrits sur les pages de son journal - stupide - n'étaient donc que supercheries? Les flammes dans sa gorge se transformèrent en boules, et remontaient dangereusement le long de sa gorge.

"- Oh seigneur ... je n'arrive pas à croire que tu dise ça !
- Je vois ...
- J'en ai marre d'avoir tout le temps la même conversation avec toi, Tom ! Merde, je ne peux tout simplement pas ! Il est peut être temps ... de ... tu sais ... d'arrêter un peu.
- Oui ... tu as raison ... je ... je vais raccrocher. Je t'envoie un sms ce soir ok ? "

Bill secoua doucement sa tête, pourtant conscient que son interlocuteur ne pouvait pas le voir. Mais ce geste était une façon de se dire aussi, que ce qu'il allait dire n'était pas la plus grande connerie de sa vie. Il sentait déjà les sanglots dévalés sa colonne vertébrale et sa gorge. Son nez commençait à couler et ses yeux lui piquaient. Il se laissa lentement, doucement, glisser contre le pied de son lit. Ses jambes tremblaient elles aussi. Son chat caché en dessous vint se coller à sa jambe droite et se serrer tout contre sa peau maintenant froide.

"- Non ... je veux dire ... arrêter ... de se parler pendant un moment ..."

Il y eu un grand silence. Puis les bips agaçant du téléphone lui répondirent enfin. Sur l'écran s'affichait

" Fin de l'appel
Temps : 46:23 sec "

Et Bill eu l'impression, que le mot appel était remplacé par " relation" et "sec" par " jours".

...

Les éclats de rire avaient été remplacés par des éclats de voix. Puis des sanglots déchirants, terminés par un silence complet, comblé par de la musique classique envahissant tout bruit possible, les étouffants sans peine.
Tout était finalement, revenu à la normale.




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J'ai déjà écrit les chapitres 9 et 10. Tout ne tient plus qu'a vous.
♥♥

# Posté le samedi 23 mai 2009 09:43

Modifié le samedi 24 octobre 2009 09:11