Chapitre 9 : Réflexions

Chapitre 9 : Réflexions
Chapitre 9

"- Et je te jure mec ... la façon dont il l'a dit ... j'avais juste l'impression que ... je sais pas trop. Je crois qu'il était sur le point de pleurer.
- Tom je crois que t'as trop bu. Sérieux. Arrête.
- Je suis conscient de ce que j'te dis. Il chialait au téléphone mec !
- Mais c'est qui ?
- Je ... un mec ... tu ne le connais pas !
- Dis quand même !
- Ta gueule. "

Tom pris une dernière gorgée de son Coca Cola® et le fourra avec rage dans son sac. La dispute avec Bill avait eu lieu il y a deux jours. Ne pouvant évidement pas dire ce genre de chose à sa copine, Jade, il le disait donc à son meilleur ami, Georg ... qui d'ailleurs n'avait pas l'air de trop comprendre cette affaire. Normal, Tom lui-même ne comprenait pas très bien. Pourquoi s'était-il tant vexé ? Non il n'était même pas vexé, pire, il était triste. Il finit de fermer son cartable en donnant un grand coup de pied dedans. Georg sursauta.

" - Calme Mec, ça va ?
- Franchement ?
- Euh ... ouais ! Mais je connais déjà la réponse. Alors attends, si je comprends bien, tu ne connais pas ce type ?
- Ugh ... Ouais.
- Mais ... tu lui parles au téléphone, et tu es ... comment dire ça ... un genre d'ami virtuel ou une connerie dans le genre ?
- Non ! Tu ne piges pas là ! Je ne suis pas un ami virtuel. Il sait qui je suis et moi aussi je sais qui il est. Je le vois et lui aussi me voit ! Mais genre ... il ne veut pas qu'on se voit ... face à face ... Chai pas comment dire ça ...
- Il préfère rester ... éloigné de toi ? Il a peur de toi ?
- Non ! Bon dieu j'espère que non. Je fais peur ?
- Quand t'as la gueule de bois, à fond ! "

Georg reçu un coup de poing dans l'épaule, et rigola. Tom avait l'air préoccupé depuis quelques jours. Enfin seulement 48 heures. Il était ronchon. Et donc pas marrant, et pas partant pour les coups un peu foireux qui les faisaient rire tout les deux. En plus il avait cette mine ... enfin ... cette mine déconfite qu'il avait déjà affichée avant ... il ne sut pas se rappeler à quelle occasion. Mais il l'avait déjà vu, et ça l'inquiétait. Il l'avait donc choppé à la pause déjeuné pour en parler. D'homme à homme comme il aimait le dire. Ça faisait très officiel.

" - Putain ... c'est trop bizarre !
- Et tu ne peux pas savoir à quel point !
- Et pourquoi il s'est genre ... fâché ?
- Parce que ... je voulais qu'on se voit. En 'vrai' tu vois ? J'en avais marre de lui parler uniquement par téléphone ... et là ... bah ça a été plus fort que moi ... je ne sais pas ce type est si ... on dirait qu'il a peur ... d'être entouré de gens. C'est flippant ! Je veux juste le sortir de sa putain de chambre.
- Tu veux dire lui faire voir son salon ?"

Georg voulait éclater de rire mais se retenait, le temps que son ami comprenne sa super blague. Un ange passa ...

" - Quoi ?
- Bah, logiquement il est quand même déjà sortit de sa chambre ... genre pour aller dans son salon ! "

Tom roula des yeux et se leva en attrapant rapidement son sac. Avec Georg, une conversation sérieuse n'était pas possible. Ce dernier rit à sa blague foireuse en retenant son ami par son pantalon. Il le fit rasseoir rapidement. Il avait toujours été plus fort que lui. Et ce depuis la primaire, où ils s'étaient connus. C'était toujours lui qui gagnait les bagarres pour les jouets. Et ça c'était plutôt bien. Mais Tom le battait dans un autre sport et il ne pouvait rien y faire : Les filles. Oui, il ne pouvait vraiment rien y faire. Tom était beau. Ça ... c'était une force visible et sans doute. Il l'avait toujours trouvé beau. Pas qu'il soit homosexuel. Pitié non ! Mais il fallait l'avouer, que déjà petit, il avait beaucoup de charisme et une petit bouille d'ange. Les maîtresses n'y avaient jamais résisté. Et la bouille d'ange s'était transformée en quelque chose de plus classe, et allongée. Presque féminin. Ce qui lui valait plusieurs vannes toute aussi foireuses que la dernière. Mais ce n'était pas méchant. Tom avait un corps musclé, et assez envié. Le sport y était pour beaucoup. Tom n'aimait pas rester sur place pendant plus de trente minutes. Contrairement à Georg. Un gros fainéant.

Il n'était pas dans la même école que Tom. Là ils étaient dehors, dans un parc avec des sandwiches et des boissons prises dans un Pub pas loin de là. Ils se retrouvaient trois fois par semaine à la même heure, au même endroit. Sauf s'il y avait un imprévu. Georg était étudiant en médecine. Plus précisément en kinésithérapie. Il ne savait pas exactement pourquoi il avait choisis ça. De toute façon, c'était soit ça, soit l'école militaire. Mais comme énoncé plus haut : Georg était un flemmard donc il ne fallait pas chercher midi à quatorze heures quant à son choix ...

" - Il te fait pitié ?
- Non ! Pas du tout ! Ce n'est pas de la pitié c'est juste ... de la compassion. Ouais tu vas me prendre pour un dingue mais ... il est tellement ... si tu savais. Il a toujours peur qu'on se moque de lui, et ... il a peur qu'on le voit ... il a peur de se comporter normalement. Je sais de quoi ça vient. Il ne veut pas qu'on découvre qui il est réellement et-
- Serait-ce un alien ?! Ok, ok je me tais.
- Je ne sais toujours pas pourquoi on t'a accepté dans ta fac, sérieux tu es tellement ... bref. Donc je disais, il a peur que tout le monde découvre qui il est réellement, et ça le bloque pour absolument tout ! Après les cours, il court chez lui. Il n'a aucun ami, aucun site internet ni même une adresse E-mail. Il joue au tennis tout seul, enfin avec un entraîneur mais bon. Il ne parle pas. Et la plupart des élèves ne savent même pas qu'il existe !
- Wow ... mais qui il est vraiment ? Enfin qu'est ce qu'il ne veut pas qu'on découvre ?
- Je ne peux pas le dire.
- Enculé.
- Va te faire foutre.
- C'est ce que je fais ! "

Tom eu un petit rire. Puis soupira et mit son visage dans ses mains. Il relâcha tout ses muscles. Cette histoire le travaillait depuis un certain moment. Déjà avant la dispute. Comment décoincer Bill ? Il trouvait que Georg était la meilleure personne pour en parler. Il n'allait pas le dire à ses autres amis, ils auraient tout de suite cherché à savoir de qui il s'agissait et auraient limite mené l'enquête ! Non non. Ce n'était définitivement pas la chose à faire. Il ne voulait pas empirer les choses. Georg brisa le silence.

"- Et pourquoi tu me dis tout ça ? Tu veux de l'aide ? Ou un truc dans le genre conseil ?
- Ouais. Ça serait bien. Et surtout ... comment je dois me comporter avec lui?
- Hum ... laisse moi réfléchir. "

Georg se leva, posa un pied sur le banc, posa son coude sur le genou, et serra son menton entre son pousse et son index. Position du penseur. Tom eu un grand rire. Qu'est-ce son ami était con !

" - Georg putain !
- Ok, ok ! "

Il se rassit.

" Je pense que tu devrais ... lui montrer que ... que toi tu n'as pas honte d'être avec lui ... mets-le à l'aise avec toi ... je ne sais pas. Il est dans ton école ?
- Ouais
- Alors dis lui bonjour quand tu le vois. Dans ta classe ?
- Ouais
- Passes-lui des mots !
- Ça fait collégiens !
- T'es resté au primaire dans ta tête ça devrait pas te gêner !
- Ah, Ah.
- Je rigoooole petit pingouin ! Enfin tu vois tu fais comme tu le sens. Envoies lui un sms.
- Ouais. Ok. Je vais voir ça. J'avais pensé ... tu penses que ça serait bien d'aller ... t'sais genre le voir ... chez lui ?
- Vas-y doucement avec lui. Vu ce que tu me dis de lui ... je pense que c'est un énorme timide. Tu risques de lui faire avoir une crise cardiaque ! Le pauvre ! Il risque de mourir sous tes yeux hein ! Non sérieux ris pas. Quand tu sentiras qu'il se ... détend un peu et quand il répondra à tes bonjours ... là vous pourrez ... continuez à vous appeler ... et peut-être que tu pourras lui faire la surprise. En plus c'est bien chez lui, il se sentira pas trop dépaysé. À part qu'il y aura une bombe sexuelle dans son salon m'enfin !
- Arrête ça !
- Rooh, je plaisante putain. Sinon ... t'en a parlé à Jade ? Peut-être qu'elle pourrait mieux t'aider.
- Euh non.
- Tu ne lui en a pas parlé ? Pourquoi ?
- Hum ... j'ai un peu ... peur de sa réaction.
- Attends ce n'est pas une fille ! Elle ne devrait pas se sentir menacé ... ou ... si ? "

Est-ce que son pote était en train de virer homo ? Tom se leva précipitamment, et fit de grands gestes de négations.

" - Non non ! Attends, arrête déconne pas !
- Je ne déconne pas. C'est juste que ... attends. Est-ce que ce mec est gay ?
- Je ne sais pas.
- Putain.
- Quoi ?
- Si il est gay ...
- Quoi si il est gay ?
- Bah ... il pourrait être amoureux de toi ... ou attiré. Un truc dans le genre ... !
- Ne dis pas de connerie ! "

Le c½ur de Tom battait à cent à l'heure rien que d'y penser. Est-ce que Bill pourrait être ... comme tombé amoureux de lui ? Parce lui ce n'était pas le cas. Ok, Bill était beau, il l'avait plusieurs fois observé jouer au tennis, et même à l'école. Pendant la récréé il se croyait caché sous les grands arbres du parc intérieur, lisant derrière les bancs. Mais tom, lui, le voyait. Parfois il souriait tout seul. Blagues littéraires, se disait Tom. Il avait eu plusieurs fois envie d'aller le voir. Mais il s'était dit que Bill s'enfuirait. Un truc comme ça. Il l'avait aussi beaucoup regardé lors de leur rencontre dans le couloir le jour premier jour d'hiver. Il se rappela des pensées qu'il avait eues. Putain ...

"- À qui tu penses pour avoir un sourire de pervers pareil ? Jade hein ? Dis moi tout, qu'est-ce qu'elle t'as encore fait comme plaisir cette petite cochonne !
- Hein ? Quoi ?
- Tu pensais à Jade ?
- Qui ça ? "

Georg se rendit alors compte, que Tom n'était pas perturbé par ce qu'il allait faire avec Jade. Ce n'était pas qu'une simple dispute entre ami ou un truc du genre. Tom pensait très sérieusement à ça. Il voulait carrément les réconcilier. La réconciliation impliquant un certain nombre d'attachements. Georg se rendit alors compte, que ce n'était pas de simples attachements amicales. Tom était entrain de s'éprendre de ce jeune garçon ...

Comment le savait-Il ? Parce que le sourire qu'il venait d'avoir à la pensée de Bill, et la réaction qu'il avait eu quand il l'avait sorti de sa rêverie, c'était le même qu'au début de sa relation avec Jade.
Il se rappela aussi soudain pourquoi l'expression si renfrognée de Tom lui disait quelque chose. C'était lors de sa première dispute violente avec Jade. Elle lui avait dit qu'elle ne voulait plus le voir et l'avait giflé. Et ce parce que Tom avait pris une fille dans ses bras d'un peu trop près. Tom avait essayé pendant une semaine de trouver le moyens de se faire pardonner. Et il avait eu, pendant une semaine, cette expression là. Merde.

"- Ok, je crois que tu m'as pas tout dis, mon gars. "

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Joyeux anniversaire en retard a Charline.
Vous m'avez plusieurs fois demande un chapitre en POV Tom. Ce n'est pas en POV Tom, mais POV extérieur mais c'est déjà ca :]
Voila, le chapitre 10 vous attend.

# Posté le lundi 25 mai 2009 10:07

Modifié le samedi 24 octobre 2009 08:59

Chapitre 10 : Etranges Maux.

Chapitre 10 : Etranges Maux.
Chapitre 10

" Non maman, s'il te plaît viens me chercher, j'ai trop mal ! ... Maman ! Sérieux ! Papa ne peux pas venir me chercher. Il a une réunion, ou une urgence ... ou une réunion urgente j'en sais rien mais, maman, j'ai juste trop mal au ventre, et j'ai pas mes médocs, ils sont dans mon sac de sport ! Oui ... Oui ... Ok ... S'il te plait fais vite ... Merci maman. À toute à l'heure." Bill raccrocha son téléphone et se roula en boule contre le mur du banc près du hall d'entrée, espérant que la chaleur qui se dégageait calmerait peut-être ses maux de ventres.

Il n'avait pas prévu que ça tomberait aujourd'hui. En faite il n'avait même pas pensé à cela ces derniers temps. Une explication serait sûrement la bienvenue. Bill avait mal au ventre, parce que normalement, il devait avoir ses règles. Mais n'ayant pas de ... d'appareil génital apparent, il en avait seulement les symptômes. Et uniquement les symptômes. Il souffrait donc pendant 4 jours, de maux de ventre et de douleurs intenses. Et ce tous les mois. Seulement il se trouvait qu'aujourd'hui il était en cours, et que les maux de ventre s'étaient manifestés pendant le cours de biochimie. Certes, ça lui produisait une très bonne excuse pour sécher deux heures de cours inutile avec un professeur à la voix monotone et plus endormante qu'une berceuse. Mais ce n'en était pas plus réjouissant.

Il allait devoir se tordre de douleur pendant à peu près 30 minutes, en attendant que sa mère vienne le chercher. Il soupira et tressaillit sous la douleur. Il eût l'impression que des milliers d'aiguilles traversaient son ventre en s'efforçant de bien toucher chacun de ses os, et muscles.


Le mot qu'il tenait à la main fût réduit en miette, et il dû s'asseoir sur le muret qui bordait la cour de l'école, vide d'élève pour son plus grand bonheur, afin de ne pas sombrer dans la douleur. Se roulant en boule et essayant de calmer les larmes qui allaient rouler sur ses joues, il se balança d'avant en arrière, régulant sa respiration devenue haletante, et ses sueurs froides. Comment les filles, les vraies, pouvaient-elles endurer une telle douleur ? C'était horrible ! En plus il ne supportait pas la vue du sang, le sien ça allait, mais voir du sang qui s'écoulait de cet ... endroit là ça devait vraiment être répugnant. De la bile remonta le long de sa gorge, il ouvrit grand les yeux s'accrochant soudainement au petit mur en béton comme une moule à son rocher. Les murs jaunes et beiges étaient devenus un peu verdâtres et gris. Il allait vraiment se sentir mal.

Bill plongea sa tête dans ses mains, essayant d'arrêter la danse des mûrs autour de lui, et de stopper cet arc-en-ciel de couleurs dans sa tête. Soudain, il se sentit porté. Un surveillant l'avait-il vu ? Et peut-être avait-il décidé d'être sympa, ce qui n'était pas courant chez les surveillants, et l'emmenait à l'infirmerie ? Mais ça ne paraissait pas être un surveillant, et ce n'était pas l'odeur horripilante et désagréable de l'infirmerie. Vous savez, cette odeur de Javel et de désinfectant, qui vous comprime les poumons dès que vous avançait dans les couloirs d'un dentiste, ou d'un hôpital. Ça sentait plutôt...l'urine, et le vieux papier, un tout petit peu de Javel et ... beaucoup de testostérone. La personne le posa contre ce qui devait être le rabat de la lunette des toilettes, et s'agenouilla à côté de lui. Il n'avait pas la force, et surtout le courage, de regarder qui c'était. Il se contenta, d'un geste brusque, agile et rapide, de s'agenouiller lui aussi, en bousculant le corps imposant à sa place il y a quelques secondes, relever le rabat de la lunette et toilettes, et vomir tout ce qu'il avait ingurgité ce matin, c'est-à-dire du jus de pomme, et ...une pomme. Quelle diversité ! Mais c'est fou en combien de variétés les choses se transforment hein !

La personne se contenta de soupirer, elle avait l'air inquiète. Elle tenait les long cheveux lissés de Bill en queue de cheval au-dessus de sa tête, évitant alors le contact avec le liquide ragoûtant.

Elle fût patiente, car la tâche fût longue, et surtout pas très agréable pour les sens. Les bruits de vomissement n'étaient pas des plus mélodieux, et les larmes étouffées de Bill n'étaient pas belles à voir. Après avoir complètement vidé son ventre, Bill cracha une dernière fois dans la cuvette des toilettes, et tira la chasse d'un mouvement pressé, honteux d'infliger ce spectacle à un inconnu. Inconnu qu'il n'avait toujours pas vu. Ce dernier lâcha ses cheveux, qui retombèrent souplement en se dispersant sur ses fines épaules et sur son dos comme si le vent les avait effleurés. Bill mit sa main devant sa bouche, et ferma fort les yeux en se levant, luttant contre la douleur et la timidité qui elle aussi montait en vague. Il couru presque pour aller prendre quelques gorgées d'eau et les recrachées ensuite, afin d'avoir une haleine à peu près correcte après ça. Il hésita entre regarder son reflet, et donc celui du gentil inconnu dans le miroir, ou se passer un grand coup d'eau froide sur le visage, suivit de près par du papier toilette qui enlèvera (ou étalera) le maquillage dégoulinant. Il choisit la première option, non pas par curiosité envers l'identité de son sauveur, mais envers lui-même. Bah oui, il avait l'air de quoi maintenant?

Bill remonta alors doucement la tête, et découvrit un visage extrêmement pâle et tiré par la douleur. Des yeux rouges et ravagés d'inquiétude autour desquels le maquillage s'était étalé et/ou dispersé anarchiquement. Un peu de morve lui coulait du nez. Il poussa un petit cri féminin de terreur, et couru vers le distributeur de papier toilettes, en arrachant une bonne poignée, puis frotta son visage à s'en faire mal. Il entendit alors un éclat de rire tout derrière lui, qui le fit sursauter. Il avait presque oublié que quelqu'un était avec lui. Il avait été tellement focalisé sur lui-même et sur son apparence, qu'il avait oublié de regarder qui était son inconnu. Cependant ... il connaissait cet éclat de rire. Son sang se glaça dans ses veines. Non, non. Après tant d'effort d'ignorance totale, ou presque (il n'avait pas essayé de l'ignorer, c'est juste qu'ils ne se voyaient pas, et quand Bill le voyait, c'est Tom qui ne le voyait pas. Et même en essayant de faire croire qu'il l'ignorait, il passait pour un débile alors...), il ne pouvait pas s'être fait avoir aussi facilement. Non. Il refusait cela.

Quelques secondes passèrent, seulement remplies de bruit du rire des poumons de l'inconnu, qui n'était plus, puis le rire se calma, pour refaire place au silence. Bill se mordait furieusement la lèvre, cherchant la meilleure façon de fuir, sans trop laisser de chance à Tom de l'attraper. Mais son cerveau avait apparemment décidé de faire une grève. Eh bien ... on allait faire sans. Il tressaillit quand il entendit Tom se rapprocher un peu plus de lui. Ses sens se mirent à partir en vrille, sa température augmenta. Il eu un gros frisson quand il sentit son odeur prés de la sienne, et ses bras se mirent à trembler quand il sentit sa main venir toucher son épaule frêle. Il se rappela alors que Tom l'avait porté. Ses mains avait été sur lui. Les endroits où il avait posé ses mains se mirent alors à brûler, comme des anciennes blessures qui se réveillaient soudain. Il cru qu'il allait s'évanouir quand il entendit sa voix rauque lui demander gentiment :

" Est-ce que tu es sûr que ça va ? "

Question stupide. Si ça allait ? Eh bien il venait de vomir, et Dieu seul sait combien il détestait ça, surtout devant quelqu'un. C'était peut-être, et pour l'instant le pire jour de sa vie après celui de sa naissance, et il allait encore une fois passer pour un parfait abrutit devant quelqu'un qui en avait déjà assez vu. Et surtout qui en savait assez! Il avait juste envie de répondre, sèchement :

" Non "

La main sursauta, apparemment aussi surprise que l'expéditeur d'entendre sa voix répondre, certes avec un seul mot, mais répondre tout de même réellement à une question posée. Il y eu une minute de silence tendue, puis un raclement de gorge qui détendit étrangement l'atmosphère.

"- Question conne. Je t'ai vu tu sais dans la cours. Tu étais presque vert. J'ai cru que tu étais à moitié morte, euh je veux dire mort, enfin tu vois. Puis tu as mis ta tête dans tes mains et je me suis dis que tu préférerais vomir maintenant, plutôt qu'après avoir ingurgité les médicaments de notre chère infirmière ..."

Bill acquiesça doucement, se demandant si cela suffirait à le faire partir. Cependant le blond attendait sûrement des remerciements...ou quelque chose comme ça. Mais contrairement à ce que pensait Bill, Tom n'attendait aucuns remerciements. À vrai dire il s'en foutait royalement. Il avait aimé aider Bill, le porter. Bill était léger. Presque trop et ça l'inquiétait un peu. Il se demandait si il se nourrissait assez ... Il paraissait vraiment maigre dans ses bras. Etait-ce normal ? Il secoua vivement la tête, Ce n'était pas important pour le moment. Il ne pourrait pas lui poser de questions, s'il ne réussissait pas à se faire pardonner. Bill lui en voulait sûrement.

Lui-même s'en voulait. Comment avait-il pu lui parler de la sorte ? Comment avait-il pu le faire pleurer ? Bon sang il avait fait pleurer Bill ! Ces derniers jours, dès qu'il fermait les yeux, il voyait la jolie frimousse de Bill, dévastée par la tristesse et les larmes ; ses grands yeux de biche, noisettes clairs, luisants d'eau salées qui dévalaient ses joues pour finir à la commissure de ses lèvres roses et pulpeuses. Il ne pouvait définitivement pas tourner la page de ... de quoi ? De leur relation ? Etait-ce ce qu'on pouvait appeler une relation ? Roh, merde Tom, ce n'est vraiment le moment de se poser des questions existentielles sur vous ! Essaie plutôt de te faire pardonner, là maintenant !


"- Bill ... je ... je voudrais m'excuser pour ce que j'ai dis au téléphone l'autre jour. J'ai ... j'ai exagéré. En faite ... je n'aurais même pas dû prononcer tout ça ... C'était dégueulasse ... je peux pas te juger. J'avais juré de pas le faire et je l'ai fais ... C'est vraiment ... enfin ... Vraiment désolé. Putain je m'en veux tu ne sais pas à quel point ! J'y ai pensé pendant des jours entiers ! Ça m'obsédait tu ... putain je t'ai entendu sangloter dans le téléphone et j'me suis dis merde je le fais pleurer, j'ai pas le droit, il compte sur moi mais...Mais tu sais c'est dur pour moi aussi. J'ai tellement pas l'habitude de ce genre de ...de ...communication, que...je ne sais pas comment m'y prendre avec toi ! J'ai peur que...que tu t'enfuis en courant si...si je dis une chose de travers, que je fais une vanne foireuse comme j'en ai l'habitude ! J'ai tellement peur de plus...de plus pouvoir te voir. Et surtout tu sais...je veux plus jamais t'entendre pleurer ! C'était vraiment terrible...putain tu sais que tu me fais dire des trucs pas normaux pour moi ? On dirait une putain de fille... enfin je veux dire... oh merde. Tu vois ? Je suis vraiment stupide et con et... et tout ce que tu veux qui est le contraire d'intelligent. "

Toujours de dos, Bill souriait à travers des larmes de joie. Tom s'était excusé. Il avait même dit qu'il comptait pour lui, et qu'il ne devait pas pleurer. Il avait dit plus que ce que Bill espérait, plus même que dans ses rêves. Enfin...oui, les rêves les plus doux hein. Bill se sentit rougir à cette idée. Il était vraiment dérangé. Un sanglot secoua son corps et il eu un peu de mal à tenir l'équilibre. Il faillit tomber quand les bras protecteurs et forts de Tom vinrent l'entourés. Le corps de Tom était chaud, et le réchauffait à la perfection, en ce mois de décembre, dans le froid du carrelage des toilettes pour homme du lycée. Il ne portait qu'un col roulé bleu foncé, et un jean assez clair. Il avait oublié sa veste blanche dans la salle de classe. Son dos était en contact avec le torse de Tom. Torse qui semblait être assez dur et musclé. Il rougit, comme une collégienne devant un professeur de mathématiques très mignon, et détourna les yeux, des mains de Tom sur son bras.

Il essaya rapidement de rassembler le peu de choses assez cohérentes qu'il lui restait et se releva rapidement puis se mit face à Tom. Toujours tête baissée, comme lors de leur première rencontre, dans les couloirs adjacents aux toilettes. Bill se concentra, pour paraître le plus sûr de lui possible. Il devait lui aussi faire un effort. Il en avait assez de se ridiculiser tout le temps. Tom pouvait le faire, pourquoi n'y arriverait-il pas ? Il l'avait bien fait tout à l'heure. Et Tom lui avait bien prouvé qu'il pouvait avoir confiance en lui. Il ne se moquerait pas. Du moins pas méchamment.

"- Hum, tu n'es pas bête...Et tu t'y prends très bien avec moi.
- Ouais tu parles, tu a peur de me parler !"

Bill rougit à cette réflexion. Oui il avait peur de lui parler, mais pas pour les raisons que Tom pensait. Bill n'avait pas peur de parler à Tom. Il avait peur de ne plus savoir parler devant Tom. C'était légèrement différent. Tom l'intimidait. Il le rendait nerveux et tout bizarre. Chaud à l'intérieur.

"- Oui mais, Um...
- Rougit pas comme ça où je vais te confondre avec la rouille des portes des toilettes ! "

Bill fît tout le contraire, et rigola doucement, essayant de se cacher le plus possible. Il fût soudainement et prudemment conduit dans les bras de Tom encore une fois. Si ça continuait il allait finir par ne plus pouvoir s'en passer. Il aimait vraiment beaucoup trop ça. Quand son torse toucha celui de Tom, Bill eu un soupir de plaisir. Il espéra dans la seconde d'après que Tom ne l'ait pas entendu, mais c'était peine perdu, Tom l'avait bien entendu. Et il fût surpris d'apprécier ce petit son purement jouissif et même de vouloir l'écouter encore.

Ils se retrouvèrent alors tout les deux entourés de quelques chose de différent. Une douceur infinie enrobait les deux jeunes individus et une tendre chaleur les couvraient. Bill respira fort, espérant rester vivant jusqu'à la fin de cet échange. Il était prêt à tout pour ça. Les bras de Tom serraient sa fine taille, son c½ur battait contre le torse du blond à une allure folle et il était sûr que ce dernier pouvait le sentir. Il rougit encore plus si possible. Sa peau bouillonnait, il se demandait si elle aussi était rouge sous le pull.

Les bras se firent un peu plus protecteurs, le collant davantage au corps musclé et fort du blond. Bill allait finir par se consumer sur place. Les aiguilles étaient remplacées par des putains de papillons qui faisaient la fiesta du siècle dans son ventre. Puis soudain il n'y eu plus rien. Comme si rien n'avait existé. Il eu brusquement très froid. Il se rendit compte que le battant de la porte bougeait encore. L'odeur de Tom flottait encore dans l'air. Il sentit ses vêtements. Mon dieu ! Elle était aussi sur ses vêtements. C'est décidé, il ne les laverait pas. Du moins pas ce soir.

Bill sourit, et se regarda dans le miroir à sa gauche. Il avait une mine satisfaite, et un grand sourire. Ses yeux pétillaient, et son teint était rose, presque rouge. Ses lèvres étaient pleines et roses. Son maquillage n'était plus là, du moins une grande partie. Seul le crayon sur le contours de ses yeux persistait.

Et pourtant, Bill se sentait encore plus malade qu'avant. Mais d'un mal différent cette fois et il n'était pas sûr que l'infirmière pouvait soigner ça.

# Posté le mercredi 03 juin 2009 11:34

Modifié le samedi 24 octobre 2009 08:56

Chapitre 11 : Une double victoire.

Chapitre 11 : Une double victoire.
Chapitre 11

La balle rebondissait d'un côté et de l'autre du terrain, effleurant parfois le filet blanc rougit par la terre battue. Des gémissements de douleurs et de soulagements arrivaient aux oreilles attentives des spectateurs muets d'admiration. Sur une énorme banderole très professionnelle, était écrit en lettre capitale "DEMI-FINALE TOURNOI DE TENNIS DE L'ECOLE PRIVEE BRIGMONTON LONDON"

Cette demi-finale avait rassemblé du monde, mêlant parents d'élèves, élèves, anciens participants ou supporters, professeurs fiers de leurs élèves sur le terrain, et les petits curieux qui ne savaient pas trop quoi faire de leur après midi. Bill ne savait pas dans quelle catégorie se placer. Etait-il un de ces curieux qui s'ennuyaient chez lui jusqu'à qu'il ait l'idée de regarder ce match de tennis amateur, ou plutôt un des élèves supporters ? La première proposition ne pouvait pas être possible, puisqu'il avait prévu de venir ici et de s'asseoir en haut des gradins, du côté de son joueur favori, lunettes de soleil sur le nez pour que celui-ci ne le remarque pas. Elle était donc éliminée d'office. Il était donc l'élève du lycée supporter. Oui mais supporter de qui ? Eh bien de ce jeune blond dreadé sur le terrain, concentré pour ne pas rater la balle et mettre l'autre joueur en difficulté afin de parvenir en finale. La finale.

Cette finale, et surtout cette coupe était très convoitée. Parce que, en plus d'être considéré auprès de tout les enseignants et membres de l'administration du collège ainsi que tous les élèves, celui qui la remportait recevait aussi la gratuité des frais de scolarité jusqu'à la fin de l'année - C'est à dire les 6 mois restants - et un chèque de quelques milliers de Livres. Vous comprenez maintenant l'intérêt.

Les deux postulants pour la coupe qui se battaient à coups de raquette et de balles bien placées, avaient tous les deux un très bon niveau. Mais Bill devait admettre que l'un avait plus l'avantage sur l'autre. Sa technique était meilleure et sa maîtrise de lui-même lui donnait ce masque sombre et concentré à la fois, très hostile et pourtant plus sexy que jamais.

C'était surtout cet adjectif qui avait fait venir notre jeune Bill à cette demi-finale. Surtout qu'il était destiné à son Tom, comme il se plaisait à l'appeler. Mais ne vous inquiétez pas ! Personne n'avait reconnu Bill, si quelqu'un avait daigné essayer de le reconnaître du moins. Il avait caché ses yeux avec de grosses lunettes de soleil, empruntées à sa mère, portait un imposant bonnet en grosses mailles grises chinées ainsi qu'un de ses éternels cols roulés gris tous comme le bonnet, un jeans délavé et un peu troué sur le genou et des baskets simples blanches. Il avait hésité à prendre une de ses Creepers, mais il s'était dit que quelqu'un pourrait les reconnaître...surtout qu'il ne mettait que ça...
Oui, je l'avoue, il poussait la paranoïa un peu loin. Surtout qu'avec le monde qu'il y avait, on ne risquait pas de faire une fixette sur ses chaussures !

Tom menait de 40 à 15* au cinquième set. Il était au service et c'était le match point*. Si il remportait ce point, la finale, et peut-être même la coupe, étaient à lui ! Rien qu'à lui... Bill serra ses mains contre sa bouche comme s'il priait pour lui. Du moins il essayait. Il fallait absolument que Tom gagne! Il était si talentueux et si juste dans ses gestes. Il le fallait oui.

Tom envoya la balle en l'air et la frappa avec force, l'envoyant valser dans l'autre partie du terrain. Elle ne tomba malheureusement pas dans le carré de service.

" FAUTE" cria l'arbitre

Deuxième service. Tom fit rebondir la balle par terre, les sourcils froncés, concentré sur son point, sur sa victoire. Il devait gagner. Il essuya la sueur qui dégoulinait sur son front, puis frappa la balle, avec une force calculé cette fois, l'envoyant dans le carré de service tellement fort et rapidement, que le joueur ne se déplaça même pas pour atteindre la balle qui finit dans les bâches derrières lui.

Il arriva ce qui devait arriver. Tom gagna. Ne réalisant ce qui venait de se passer, que lorsque la foule de spectateur se leva et l'acclama. Il se mit à sourire niaisement. Ses genoux, soumis à un trop grand effort pendant le match, tremblèrent. Il tomba à genoux sur le terrain, tachant son short de l'orange de la terre battue et eu les larmes aux yeux. Il resta ainsi un peu moins de 5 minutes, et se leva, décidé à savourer sa victoire. Il allait en finale. Il s'était battu pour ça.

Il s'approcha du filet, là où son adversaire l'attendait, pour l'habituelle poignée de mains. Ils se prirent dans les bras, se complimentant chacun leur tour. Puis, ils remercièrent l'arbitre, et Tom se laissa voguer au gré des applaudissements du public sur le terrain.

Après son heure de gloire, Tom commença à faire son sac et à quitter le terrain, mais ses parents l'interpelèrent, réclamant un câlin. Le gagnant s'arrêta volontiers. Et pendant qu'il prenait sa mère, à la limite des sanglots, dans ses bras, il pu observer du coin de l'½il un drôle de personnage à lunettes, qui l'observait. Ses cheveux noirs jais trahissaient sa volonté de passer inaperçu aux yeux de tout le monde. Du moins pour ceux qui le connaissaient. Il se trouvait que Tom le connaissait mieux que tout le monde. C'était alors raté. Il sourit, consola sa mère, et lui donna son sac, se hissant d'un geste sportif et agile dans les gradins, pour se diriger vers son cher inconnu.

Bill ayant comprit qu'il avait été repéré se mit à paniquer. Que devait-il faire ? Partir ? Rester ? Les deux ? Comment faire les deux? Ses jambes le portèrent toutes seules et il se retrouva mêlé à la foule qui ne voulait apparemment pas partir, cherchant la sortie. Entre les hommes et femmes, les adolescents bruyants et les fervents supporters, Bill cru s'être retrouvé au milieu d'un match de foot. Et vous connaissez tous l'attitude des supporter de football. Un maux de tête fit son apparition dans la nuque de Bill. Il fronça les sourcils lorsqu'il se retrouva face à un corps inconnu qui lui faisait face et qui n'avait apparemment pas l'intention de bouger.

" Excusez moi...je voudrais pa-passer s'il vous plait" demanda t-il d'une petite voix, espérant s'être fait entendre dans ce grand brouhaha...
" Et vous ne passerez pas...cher petit inconnu..." La sournoiserie dans cette voix pétrifia les membres de Bill. Sa respiration s'accéléra. Il ne pourrait plus fuir maintenant. Il était face à lui. Et comme à chaque fois que ça lui arrive, il ne sait pas quoi dire, quoi faire ou comment se comporter...Et c'était affolant.
Tom cette fois le comprit. C'était lui qui devait prendre les devant. Bill ne lui répondrait pas. Du moins pas tant qu'il était aussi ...stressé. Il fallait d'abord réussir à le mettre à l'aise.

" - Bonjour Bill.
-...
- Tu ne veux pas me parler ? Tu es plus bavard au téléphone ! "

Bill rougit et couina doucement. Il ne réalisait que maintenant que c'était Tom. Son Tom. Celui qui était si gentil avec lui. Celui qui lui parlait de ses conneries, qui tombait alors qu'il était au téléphone, celui avec qui il se disputait au téléphone...Le même auquel il rêve presque toute les nuits, maintenant. Celui-là même, était juste devant lui.

D'un geste rapide qu'il regretta tout de suite après, Bill leva les yeux dissimulés derrière ses lunettes et les planta dans l'océan marron noisette de son locuteur. Surpris, celui-ci lui fît un grand sourire qui fît rougir notre brun jusqu'au bout des ongles. D'un prompt reflex, il replaça une mèche de cheveux imaginaires derrière son oreille droite, et baissa la tête, pour ensuite balbutier un timide et inaudible :

"- Bonjour."

Tom, content d'avoir reçu une réponse, même si il ne l'avait pas très bien comprise, sourit encore plus. Comme si on lui avait offert le plus beau cadeau. Mais un truc clochait. D'un geste lent et calculé, il avança sa main vers le visage de Bill, et doucement, lui enleva ses lunettes. Le concerné, tellement surpris et mal à l'aise, ne pu même pas protester. Autant verbalement - pour encore sortir un " Oihdoeihdeze geuuh" non ça va aller - que physiquement. Son c½ur ne répondait plus. Pendant une fraction de seconde il avait pu sentir l'odeur de Tom, sa douce chaleur enivrante. Encore une fois. Même si cette fois il n'était pas aussi coller à lui que la dernière fois. Et c'était bien dommage, d'ailleurs.

Leurs regards se connectèrent donc réellement. Tom pouvait voir les yeux brillant, sur le point d'éclater en sanglots, de Bill, qui lui serraient le c½ur à chaque fois qu'il les croisait, et en même temps, il cru voir une étincelle qui les allumait, et les rendait vivant. Presque...heureux? Oui il ne se trompait pas. Du moins il espérait ne pas se tromper. Il s'en serait voulu, si cette étincelle n'était que le reflet de la peur que Tom lui faisait ressentir. Mais le contact fût presque aussitôt rompu.

Décidé à lui parler, il essaya d'engager la conversation.

" - Alors, tu as aimé le match ? "

La seule réponse qu'il obtint fut un hochement de tête...Il fallait creuser plus profond. Des questions à réponses complexes. Tom sourit, il allait mettre Bill dans l'embarra- du moins il l'espérait.

"- Alors dis moi, tu es venu pour supporter Rudy ? C'est vrai qu'il était très bon...
- Non non, pas du tout, je suis venu pour toi ! "

Le brun paniquait, comme si une question de vie ou de mort s'était accrochée au polo un peu mouillé de transpiration de Tom, et se rapprocha un peu plus. Son visage n'était maintenant plus qu'à quelques centimètres en dessous de celui de Tom. Ses yeux brillaient, prêt à pleurer afin que Tom le croie sur parole. Les battements du c½ur de Tom se firent plus présent, comme s'ils voulaient que Bill sache qu'il battait. Qu'il battait parce qu'il était là ?

" - Je te crois...vraiment !"


Comme si il reprenait connaissance, Bill s'éloigna précipitamment de Tom, rougissant encore une fois. Il est vraiment adorable, pensa Tom. Il voulait pousser le vice plus loin. Sachant maintenant que Bill s'était mis à parler, ne voulait plus s'arrêter. Peut être parlerait-il aussi librement qu'au téléphone ? Il l'espérait!

" - Alors, tu as trouvé comment ma manière de jouer ? J'ai été mauvais. Je m'en suis sortit seulement parce que il a fait beaucoup de fautes...C'est de la chance. Tu ne pense pas? "

Il y eu d'abord un grand silence, puis, une petite voix tremblotante, comme sortant d'une gorge nouée depuis une éternité. Tom ne comprenait vraiment pas. Même en tendant l'oreille.

" - Excuse moi Bill, il fait que tu parles plus fort, je ne comprends rien à ce que tu dis...Désolé...
- J'ai dis que tu étais... es plus fort que lui. Tu as bien placé tes balles, ce n'est pas une question de...hum ch-chance. Tu es...tu es Hum, Bon. Très Bon. "

Tom fût surpris de deux choses. La première, fût que Bill est prononcé cette tirade d'une traite, presque sans hésité ou buter sur chaque mot. Il se sentait en quelques sortes fier de lui. Et la deuxième, venait du fait que Bill avait prononcé les mots ' bon' comme s'il ne parlait pas de la qualité du tennis, mais d'autre chose. Surtout qu'il avait piqué un énième fard à ce mot là. Tom se sentit flatté.

" - Hum, ça te dirait que...je te raccompagne chez toi...juste je te raccompagne. Rien d'autre. Je ne t'emmènerais pas je ne sais où, pour faire je ne sais quoi...on marche juste jusqu'à chez toi et ...on pourrait ...enfin tu sais, parler. "

Les yeux perdus de Bill cherchèrent quelques choses dans ceux de Tom. Mais il lut alors que la sincérité et la gentillesse lui faisaient dire ces paroles. Devait-il accepté ? Une grosse partie de lui, lui criait, lui hurlait que oui. Il n'attendait que ça, même si lui même ne le savait pas. Non il ne fallait pas céder. Qu'est ce que Tom pourrait bien se dire si il acceptait ?

" - M-Mais et tes parents ? Et tes amis ? Tu devrais aller fêter ça avec eux, pas perdre ton temps avec... enfin ... je -
- Hep. Mes parents ce n'est pas un problème. Je suis majeur. Je fais ce que je veux. Je dois juste leur envoyer un sms pour leur demander de déposer mes affaires dans mon immeuble, et c'est tout ! Ensuite, si je veux passer du temps avec toi, c'est mon choix, et qui te dis que ce n'est pas ma manière de fêté ma victoire ? Hum ?
- Je ne suis vraiment pas sur que ça soit une bonne idée Tom je suis si...Enfin...
- Bill, s'il te plait... Ça me tient à c½ur. "

En disant ça, Tom l'avait fixé droit dans les yeux et attrapé son corps de part et d'autre : mains sur ses fines et frêles épaules ; sachant très bien qu'il ne pourrait pas résister à son contact physique et visuel. Il sentit Bill trembler sous son contact, devenir comme tout petit et fragile. Sur le point de chavirer.

"- Tu es sur de ne pas vouloir te re-reposer?
- Ne t'en fais pas pour ça ...Aller, ce n'est pas trop loin chez toi rassure-moi...?"

Les yeux et la mine inquiète de Tom, comme si on lui avait dit qu'ils allaient affronter la grande muraille de Chine fit rire Bill, et éclater de joie le c½ur de Tom. Il avait réussit à faire un autre trou sur le mur de Bill.

Comme pour l'accompagné dans sa marche, Tom posa simplement sa main sur le bas du dos de Bill, à la limite de son fessier. Le c½ur de Bill rata un battement. Il se demanda pourquoi Tom faisait ça. Mais il le regarda du coin de l'½il et il n'avait pas l'air...Anormal, ou mal à l'aise. C'était plutôt lui qui était mal à l'aise. Enfin non au contraire il était complètement à l'aise. C'est bien cela qui inquiétait Bill. Il commençait à trouver toutes les petites intentions plus ou moins explicites de Tom, trop naturelles. Il oubliait que Tom, lui, ne faisait ça que par courtoisie. Et l'avait insinué lui même tout à l'heure. Bill n'est qu'un ami pour lui. Un simple ami. Rien de plus. Un voile pâle rouvrit ses yeux pendant un instant, se croyant sur le point de pleurer. Il ne devait pas pleurer. Il devait profiter de tout. Ce contact proche avec Tom, sa main chaude dans son dos. Sa grande main. Sa odeur musquée et sucré. Son sourire qui vous donne l'envie de vivre. Et sa voix, grave et toujours agrémenté de cette petite touche de soleil. Il était le soleil à lui tout seul. Son Soleil. Son Tom. Mais malheureusement Bill n'était pas le Bill de Tom.

Sans s'en rendre compte ils étaient déjà sortis du complexe sportif, et avançaient vers le passage piéton. Bill lança des petits coups d'½il vers le visage de Tom, toujours souriant, ne lâchant pas le corps de Bill, pianotant avec une main sur son portable. Surement le SMS pour ses parents. Il le regarda longtemps, une bonne minute. Puis Tom remarqua qu'une paire d'yeux étaient pointé vers lui. Son sourcil se releva, et il regarda vers Bill, souriant un peu plus.

"- Qu'est ce qu'il y a ?
- R-rien"

Rougissant comme à son habitude, Bill se cacha derrière ses cheveux, qui se trouvaient devant ses yeux. Il entendit le doux rire de Tom, puis la main quitta son dos, pour venir lui enlever le bonnet de la tête. Puis elle reprit sa place au grand bonheur de Bill.

Ils empruntèrent dans un silence confortable, la route de la maison de Bill, à un pâté de maison. Normalement il prenait le métro, mais il ne voulait pas croiser du monde. Là, il voulait être seul avec Tom. Juste lui. Même s'il ne parlait pas. Juste lui. Mais le dreadé ne semblait pas de cet avis.

"- Alors, tu fais quoi de ton week-end ? Genre demain ?
- Hum, je ne sais pas..."

[...]

Quand Tom le laissa devant la porte de sa belle maison, il ne sut pas trop quoi faire. Après avoir retiré sa main de son dos - qu'il ne se rappelait même pas avoir mis là - ils se regardèrent, en se souriant- et rougissant pour Bill. Tom jugea bon de prendre les devants encore une fois. Surtout qu'il avait perdu beaucoup de temps, qu'il ne devait pas sentir très bon et que la nuit tombait. De plus comme il n'avait pas d'argent, il devait rentrer à pieds. Alors à sa plus grande peine, il devait laisser Bill ici...Et attendre Lundi pour le revoir. Il soupira et étira un grand sourire.

" - Merci.
- De quoi ?
- De m'avoir permis de te raccompagner !
- Oh- de-de rien. ça m'a fait très...très plaisir."

Surpris par cet élan de vérité Tom éclata de rire.

"- Pas autant que moi je pense Billy...
- Hey ! C'est mon père qui m'appelle comme ça.
- Je te chercherais un autre surnom alors. "

Tom se pencha au dessus de Bill, qui, un peu ébloui par la beauté de Tom, ne bougea pas comme à son habitude. Les lèvres de Tom s'approchèrent alors de sa joue, et déposèrent un doux baiser.

Et là il pouvait affirmer avec certitude, que les étincelles dans les yeux de Bill, étaient bien de la joie. De la joie pure et simple. Ils partageaient au moins ça, pour l'instant.

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Pardon j'ai été longue. En espérant que vous aimerez. Moi je vous aime. Bisous

# Posté le samedi 20 juin 2009 13:41

Modifié le samedi 24 octobre 2009 08:55

Chapitre 12 : Chocolat chaud.

Chapitre 12 : Chocolat chaud.
Chapitre 12

Depuis cette fin d'après midi, en plein milieu du mois de janvier, où il avait raccompagné Bill chez lui, Tom ne cessait de penser à son regard quand il l'avait laissé sur le pas de la porte. Un doux mélange de peine, et de pure joie. Ce court moment qu'il avait passé avec lui, lui paraissait des heures. Il avait été flatté et fier que Bill soit venu le voir à la demi final, et, qu'il lui ai dit qu'il trouvait qu'il était le meilleur, entre lui et son ancien adversaire.

Ça ne faisait que le conforter dans l'idée que, Bill était quelqu'un de bien, et profondément gentil, et généreux. Quelqu'un qui devait être aimant, quand il était amoureux, ou du moins attaché à quelqu'un. Jade, elle, n'avait même pas fait le déplacement, et l'avait félicité seulement à l'école, quand ses amis l'avaient charrié sur quelques balles ratées, puis félicité encore une fois sur sa victoire triomphante. Elle s'était ensuite rappelée qu'il avait eu un match, avait cherchée un excuse que personne ne cru, et le prit dans ses bras, en l'embrassant.

Ce n'était pas le fait qu'elle ne soit pas venue à son match qui gênait Tom. Mais le fait qu'elle lui mente, pour se donner une raison. Il ne l'avait jamais obligé à venir à ses entraînements, ou à ses matches importants. Il n'était pas un de ses narcissiques qui voulait que sa copine l'admire. Il Jouait pour lui, son propre plaisir, son propre bonheur, sa propre réussite. Pour qu'il soit fier de ce qu'il a put accomplir. La fierté des autres n'était que complémentaire, et certes réconfortante, mais il s'était toujours dit, et on l'avait toujours éduqué sur le principe que s'il était content de lui-même, alors c'était le bon choix. Il avait toujours suivit cette direction. La preuve, contre l'avis de sa mère, ses professeurs de collège, ses plus proches amis, il était rentré dans l'école privée la plus côté de sport d'Angleterre. Grâce à ses propres efforts, et à sa volonté.

Tom se leva pour ouvrir les stores de sa fenêtre, le soleil illumina toute sa chambre laissant entrer un peu plus de chaleur, après cette froide nuit d'hiver. Tom admira un instant le paysage qui s'offrait à lui. Il avait neigé toute la nuit, et tous les toits de Londres étaient recouverts d'une magnifique couche de poudre blanche, rendant à la ville, une allure douce et sombre à la fois, grâce au ton blanc et gris de la neige et des bâtiments.

Il avait eu la chance d'avoir des parents très libéraux, et avait toujours été éduqué en sachant que, dans la vie, il ne fallait compter sur personne pour vous aider, sans pour autant ne faire confiance à personne, mais la vie et les gens changent aussi souvent que le temps de Londres, il ne fallait donc compter que sur soi-même. Et ça, Tom l'avait bien compris. Très vite devenu autonome, il avait insisté pour travailler dès l'âge autorisé, c'est-à-dire 16 ans, pour avoir son propre argent. Dès lors, il s'était mis à économiser, et à s'investir dans ses études, pour avoir les meilleures chances de rentrer dans l'école de ses rêves. Le Bac et le permis en poche, et au fur et à mesure du temps, de bonnes économies, il s'installa dans un loft que ses parents lui avaient offert pour le féliciter de sa réussite. Ils payaient le loyer et lui envoyaient de l'argent tout les mois. En plus de cela, toujours dans la logique de ne pas compter sur les autre, Tom, travaillait 5 jours par semaine, en étant payé 13£ (= 20¤) de l'heure, soit 137£ (=200¤) par semaine, lui permettant de vivre normalement, sans avoir à s'inquiéter de ses comptes. Il restait tout de même vigilant dans ses dépenses, une gaffe est si vite arrivée.

Le loft de Tom comportait le nécessaire tout en restant très confortable. Il avait un grand lit, trois places ramenées de la maison familiale, deux bureaux, un dans sa chambre et un dans le salon, une salle de bain comprenant une baignoire, une cuisine avec un lave-linge (merci maman) un vieux frigo qui tenait encore le coup, une gazinière électrique, et une petite table pour trois. Un salon assez grand pour regarder un match de tennis entre amis sans être trop serré, deux canapés, une télé LG prônant en reine dans la pièce, et une petite table basse où étaient entassés des milliers de magasines économiques et sportifs.

La déco était sur des tons beige et noir, soft, sans excentricité, voulant faire dominer l'aspect confortable de son appartement. Tom se sentait bien, là, perché en haut de sa fenêtre. Il se sentait libre et bien dans sa peau. Il avait besoin de ça, et ses parents le savait, ils ne pouvaient lui faire meilleurs cadeaux que de lui laisser prendre son indépendance. Il les remerciait tout les jours pour ça. Et il ne les remercierait jamais assez.

Tom quitta le spectacle de la Ville qui s'éveille pour essayer de se donner un peu d'énergie lui aussi, en descendant les escaliers dans le but de se faire un café bien noir, pour réveiller ses neurones, et peut-être aller courir un peu. Il avait besoin d'extérioriser son trop plein d'énergie. Cette semaine avait été une semaine d'examens décisifs. Une sorte de balayage était fait après chaque demi-trimestre, faisant dégager certains élèves qui n'ont pas la moyenne, et en faire entrer d'autres. Il était toujours sur la select, toujours en tension. Il fallait toujours maintenir le niveau. Et même ça, n'était pas suffisant. Toujours donner le meilleur de soit quoi qu'il en soit, tout le temps. C'était le genre de semaine que Tom détestait, car il n'avait pas le temps de faire du sport. Ses heures d'entraînements sur le terrain, étaient remplacées par des heures intensives de révision chez lui ou à la bibliothèque. Pas très excitant pour un sportif.

Sifflotant jusqu'à sa vieille machine à café, cherchant les dosettes contenant le précieux nectar, son sourire se fana. Non, ce n'était pas possible ! Il chercha pendant 15 minutes dans tous ses placards en bois clair Ikea. Non. Merde ! Il n'y avait plus de café. Il allait être obligé d'en acheter. Il soupira. Bon, ce n'était pas si grave (si ça l'était.). De toute façon, il devait sortir pour son footing. Le premier Starbuck était dans sa rue, il n'avait qu'à en prendre un, le boire en route, puis commencer son footing. En revenant, il s'arrêterait à la supérette pour en prendre. Tom réfléchit au chemin qu'il allait emprunter ce matin pendant qu'il finissait de lasser ses baskets Reebok, et de fermer son coupe vent. Un peu de crème hydratante pour ne pas finir la peau complètement desséché par le froid sec de Londres, son portable, ses clefs, un peu d'argent, et c'est partit.

Un grand Cappuccino terminé en un temps record, un petit échauffement sur le banc en face d'un magasin de chaussures féminines qui ouvre ses portes, et c'est partit pour une heure de course. Passant par des petites rues, évitant les grands axes de circulations de la capitale, grouillants d'early working-men, et de voitures. Tom s'arrêta pour boire un peu à une fontaine, et continua ensuite pendant encore 30 minutes environ, puis commença à regagner son quartier quand il aperçu, en passant devant un petit super marché, une silhouette familière. Il trottina un peu sur place pendant quelques minutes hésitant à rentrer ou pas, puis finalement il s'arrêta, reprit son souffle calmement, puis se décida à rentrer. Il devait y avoir du café dans ce super marché aussi non ?

Cherchant dans les rayons la silhouette entr'aperçue à l'entrée, il la croisa au rayon "Breakfast". Comme par hasard. Il s'approcha doucement. Bill ne l'avait pas vu, et il allait en jouer. Une fois qu'il fût à moins d'un mettre de lui, il le regarda fixement, droit comme un "i" en lui souriant. Ne bougeant pas d'un pouce, se demandant si Bill allait le regarder, le remarquer, et peut-être, oser lui parler?

D'abord parfaitement insensible à la blague de Tom, Bill continua à chercher sa marque de prédilection pour son chocolat chaud du matin qu'il avait finit ce matin même. Sentant un regard sur lui, Bill se retourna une première fois rapidement sur la personne qui se tenait à coté de lui sans vraiment lui prêter attention. Remarquant d'abord qu'il le fixait toujours, il se retourna un peu plus contrarié, et le regarda plus longuement. Il sursauta quand il aperçu Tom.

Son Tom. Dans un jogging bleu foncé Adidas, souriant et les yeux pétillants, qui le regardait avec attention. Le c½ur de Bill rata un battement et il eu un petit vertige.

"Salut" Sortit Tom le premier, en rigolant à moitié. " Tu trouves ton chocolat idéal ?"

"Je-non, je ne cherche pas du chocolat tu-" Bafoua, comme à son habitude Bill, rouge jusqu'aux joues en essayant de persuader le blond que le chocolat n'était pas son truc.

" T'as le droit de préférer le chocolat au café, tu sais ! " Dit franchement Tom, en prenant une voix douce, tout en lui tendant une boite jaune qu'il venait de prendre. " Tiens. Le meilleur chocolat d'après ma mère pour un chocolat chaud à l'ancienne. "

Bill regarda la boite en question ou un homme habiller d'un drôle de chapeau semblait sortir de la boite en disant Banania.

"Merci...mais, je sais que le chocolat ça fait pas très masculin comme boisson chaude..." dis Bill en grattant le haut de la boite, le regard fuyant, un peu moins rouge, mais d'un rose que Tom trouva parfaitement irrésistible.

"J'trouve ça très mignon. " Dit Tom, en essayant de capter son regard, éternellement insaisissable.

Bill répondit avec un rire jaune " Oui, comme tu dis, mignon. On n'utilise pas souvent cet adjectif pour qualifier les hommes."

" Peu importe Bill. Tu ne penses pas ? " Répondit Tom en soupirant. " Tu sais quoi ? Je suis venue ici pour m'acheter une boite de café parce que j'en ai urgemment besoin. Et comme je ne peux pas le boire avant 20 minutes, le temps de rentrer chez moi, alors on va aller le prendre ensemble. "

Tom avait dit trois mensonges. Il était rentré pour voir Bill, il n'avait pas besoin de café dans l'immédiat, et il serait chez lui en 10minutes s'il le voulait, même moins. Mais il voulait rester avec Bill pour qu'il lui parle encore. Alors, c'était un peu des mensonges par omission non ? De toute façon il ne croyait pas en Dieu, il pouvait bien le damner que ça ne le dérangerait pas.

Bill rougit et gratta encore plus sa boite de chocolat, jusqu'à commencer à en déchirer le papier publicitaire qui l'entourait.

" Je ne sais pas. Je n'aime pas le café..." hésita t-il.

" Je suis sûr qu'ils auront du chocolat chaud." Répondit Tom au tac-au-tac.

Bill sembla hésiter, pesant le pour et le contre dans une moue absolument irrésistible, se mordant la lèvre inférieur, et fronçant les sourcils.

" Tu as autre chose à faire ? On t'attend peut-être.?!" Tom eu, pendant un instant, un doute, et la possibilité de voir Bill avec quelqu'un d'autre que lui, lui traversa l'esprit, et un frisson lui traversa l'échine. Un frisson très désagréable.


" Arrête de penser qu'il y a d'autres personnes qui me parle Tom..." il avait l'air peiné, triste, et vexé. Tom avait fait une gaffe. Il se demanda ce qu'il pouvait répondre ça...Puis se lança ...Au pire il s'enfuirait en courant après.

" Excuse moi, j'ai un peu trop envie de te garder pour moi je pense."

Le regard de Bill croisa celui du blond, brillant et affectueux. Rassuré. Il crut déceler une autre émotion, sans pouvoir lui donner un nom. Un sourire qui se voulait timide mais en faite rayonnant illumina le visage de Bill, qui le devança en s'approchant des caisses. Déposant le produit sur le tapis roulant, il fixa un point sur celui-ci, toujours aux anges. Tom le rejoignit en petite foulé, et, en riant à moitié, essaya de persuader Bill.

" Alors, ce chocolat ? Avec moi ? Oui ou non ? "

Bill sortit son argent, et fut coupé par un billet que Tom donna à la caissière, qui enregistra le billet sans faire attention à eux. " Tom! Roh. Est-ce que tu as fait ça pour que je vienne avec toi ? Et que je te sois redevable ? "

Tom fit mine de réfléchir un instant en prenant sa monnaie...Hum, puis se retourna brusquement vers lui

" Non, mais est-ce que ça marche ? "

Bill soupira résigné. Le combat était presque gagné.

" Est ce que tu vas me laisser tranquille si je dis oui ? "

" Sûrement pas. "

Bill sourit malgré la réponse, qu'il devait avouer, espérait. Il prit son sachet et se dirigea vers la sortit de la supérette, et arrivé à la sortie, ne sentant toujours pas Tom derrière lui, se retourna et demanda

" Bah alors ? Mon chocolat ? "

Tom sourit, il avait gagné. Enfin, pas Bill, mais une part d'affection de sa part. Et c'était déjà ça d'acquis.

" Alors, qu'est ce que tu viens faire dans cette supérette ? " Se hasarda Tom, histoire de faire la conversation, en essayant de trouver un café, un Starbuck, ou quoique ce soit d'autre... Même un McDonald's lui serait convenu.

" Eh Bien j'achetais du chocolat en poudre." répondit Bill, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. La question était un peu bête aussi. Tom précisa sa pensée

" Non mais je veux dire, pourquoi tu étais dans cette supérette. Ta maison est à un patté de maison d'ici, et il y en a d'autres sur le chemin non ? "

Bill fut étonné par la perspicacité de Tom, c'est vrai que ce n'était pas la supérette la plus proche. La plus proche était à moins de 50 mètres de chez lui. Il replaça une mèche de cheveux invisible derrière son oreille, un tic que Tom avait remarqué, il le faisait quand il était nerveux.

" Il y a trop de monde, à celle de mon quartier...En Faite. Et j'ai tout le temps l'impression que tout le monde me regarde...Je sais c'est hum- Stup"

" Ne dis pas stupide. » le coupa Tom " Tu ne l'es pas. C'est une peur rationnelle. "

Tom prit doucement sa main tremblante pour le faire entrer dans un petit café de terrasse qui semblait très confortable et charmant où il pourrait être tranquille, tout les deux. C'était le nom français " Avenue champs Elysée " qui l'avait inspiré. Il ne connaissait pas beaucoup la France, mais comme tout rêve de voyageur, il rêvait de découvrir, Paris et ses grandes et belles avenues, son architecture et ses monuments, ses petites ruelles et son style atypique. Marseille et son Port, sa convivialité, et son accent étrange. La côte d'azur et ses plages de rêve le jour, et sa Jet Set très privée et ses fêtes incroyables le soir. Oui, comme tout bon voyageur qui se respecte, Tom espérait vraiment pouvoir découvrir l'Europe un jour, et y vivre. En attendant de voyager, Tom pouvait faire semblant. Ils s'assirent à une table loin du monde, au fond de la salle, près des baffles qui déversaient un vieille air de " Valse à mille temps " de Jacques Brel, berçant doucement sa clientèle, dans sa danse qui se faisait de plus en plus agitée.

" J'adore la langue française." Sortit Bill, comme ça.

Surpris qu'il engage la conversation, Tom ne répondit rien au début, puis prêta un peu plus attention à la chanson, et répondit légèrement, tout comme l'air de l'accordéon de la chanson

" Oui, c'est une très belle langue. Mélodieuse et très...comment dire. Distingué. "

" Tu sais parler Français ? " demanda Bill avec curiosité.

"Non, pas du tout. Juste les formalités. « Merci, Bonjour, Au revoir, Adieu... » Ce qu'un touriste sait dire. Malheureusement je n'ai pas pu étudier cette langue. Mais je sais parler Allemand." rétorqua Tom

Les yeux de Bill s'illuminèrent de curiosité, il s'appuya sur la table, mettant ses deux coudes dessus en soutenant son visage pâle avec ses mains, émerveillé par la connaissance de Tom. Il s'était rapproché de son visage, et Tom pouvait sentir son odeur, de Camélia et Patchoulis avec un léger mélange de Vanille. Enroulé dans une écharpe blanche cassé, s'accordant à son teint blême, ce petit corps fragile, ne paressait pas plus épais malgré le pull noir et le manteau beige.

Tom cessa son admiration pour répondre à la question

" Mon père est allemand. De mère et de père. Ils ont immigré ici, il y a de ça plus de soixante ans. Mon père a toujours parlé Anglais, mais à la maison, ses parents lui parlaient Allemand. Ils tenaient à ce qu'il ait le mixe des deux cultures. Les deux langues. Et mes propres parents ont fait de même avec moi."

Bill sourit, et répondit avec un entrain qui fit plaisir à Tom.

" Donc tu as de sang Allemand ?! "

" Kaulitz ne sonne pas assez germanique pour toi ? "

Bill eut un petit rire cristallin qui fit trembler Tom, et répondit se sentant sûrement un peu bête

" C'est vrai. Question bête. Je trouve ça génial. Moi je suis anglais à cent pour cent. "

Tom rit. Bill disait ça comme si c'était un calvaire. Avec la tête qu'il allait avec.

Il fut coupé dans ce qu'il allait dire, quand une serveuse leur demanda s'ils avaient choisis. Tom se permit de passer la commande

" Un café, des viennoiseries, et..." il plongea son regard dans celui de Bill, et dit avec un sourire qui fit rougir ce dernier " et un chocolat chaud.''

[...]

" Laisse, je paye !"

" Mais tu m'as déjà payé ma boite de chocolat, je ne veux pas te ruiner !"

Tom rigola en sortant quelques livres de sa poche

" Je ne suis pas si pauvre que ça ! Tout de même! "

Bill, gêné d'avoir insinué une telle chose, rougit, et regarda ailleurs " Oui, enfin, tout de même...Tu travaille ? "

Tom se leva de sa chaise pour sortir au café, suivit par Bill,

" Ouais, je bosse, deux heures par jours pendant la semaine, et si j'ai le courage, parfois le samedi. Mais entre les entraînements et les cours, c'est difficile."

Bill acquiesça. Lui ne travaillais pas...Pourquoi travaillerait-il ? Pour faire quoi de son argent ? Les magasins ? Avec qui ? Sortir ? Avec qui ? Cinéma ? Pas avec ses parents...La même question se posait à chaque fois. Bill se remplit alors d'une immense tristesse. Il était si seul.

Son visage se tourna vers Tom qui lui tint la porte. Tom va-t-il changer tout ça dans sa vie ? Combler se manque ? Il aimerait. Bill adorerait même. Mais...il avait trop peur. Peur de quoi ? De se faire avoir ? Qui pouvait lire dans les pensées précises de quelqu'un ? Pas lui. Mais il voulait croire en ce mec qui avait débarqué aussi bien dans sa vie. De toute façon il n'avait rien à perdre.

" Je te ramène chez toi ?"

" Non tu n'es as obligé, c'est loin je vais marcher...J'étais sortit pour ça..."

" Oh, je croyais que c'était pour un chocolat chaud! "

" Je l'ai eu ! Grâce à toi. "

Les yeux de Bill et Tom se rencontrèrent. Un éclair traversa le corps de Bill. Puis une grande bouffé de chaleur. Il crut se sentir mal, mais il tenait encore debout. Ses yeux cherchèrent un autre point d'appuis, il le trouva sur un spot publicitaire ventant les effets miraculeux d'une crème...

" Je vais y aller maintenant... Merci beaucoup pour le chocolat, et les viennoiseries."

Bill commença à se retourner, quand Tom lui prit le bras, le regard implorant

" Tu...on pourra se revoir ? C'était sympa non ça...? "

Tom lu dans le regard paniqué de Bill, la réponse. Il ne pourrait pas. Il le savait quelque part. Il avait remarqué le gros effort que Bill avait fournit pour ne pas être trop renfermé, et timide. Et pour lui c'était déjà énorme d'avoir été là, entre quatre yeux avec Tom...La réponse ne pouvait être que négative.

Alors Tom fit la chose qui lui vint sur le moment. Sans vraiment réfléchir, ou plutôt sans réfléchir du tout. Peut-être était-ce qu'il avait vraiment envie de faire depuis ce jour où il avait raccompagné Bill? Depuis que son regard le rendait tout chose, et que son sourire si spécial lui martelait le c½ur.

Oui, Tom fît la chose qui lui semblait la plus naturelle, et la plus spontané. Il exerça un légère force sur le bras de Bill, pour l'attiré vers lui, et attrapa doucement son menton, pour porter ses lèvres roses et pulpeuses aux siennes.

C'est à ce moment là que son esprit se déconnecta de son être. Quand il reprit connaissance, la seule chose qu'il comprit, était que le même jeune homme qu'il avait embrassé il y a quelques secondes (minutes?) le regardait avec un regard qui lui brisa le c½ur, et l'essouffla, avant de se mettre à descendre en courant, le long de la rue, qui menait à son patté de maison.


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Long chapitre et beaucoup d'heures de travail. J'espère que ça vous plait. Je vais finir cette fiction, parce qu'elle me tient à c½ur et que je l'aime.

# Posté le samedi 12 septembre 2009 08:11

Modifié le samedi 24 octobre 2009 08:52

Chapitre 13 : Les relations Amicales. Les Relations Amoureuses.

Chapitre 13 : Les relations Amicales. Les Relations Amoureuses.
Chapitre 13

Est-ce que toutes les relations amicales se passaient de la même manière ? Ou alors...Etait-ce plus que de l'amitié ? Bill n'avait jamais vraiment réfléchit à la question. Jusqu'à ce que les lèvres de Tom touchent les siennes.

Pourquoi avait-il fait cela? Ça n'avait strictement aucun sens. Tout d'abord parce que Tom considérait Bill sûrement comme un simple ami. Alors est-ce que les ami s'embrassaient ? Et puis, Tom avait une copine. Qu'il semblait aimer. Même si les conversations sur elle entre Bill et Tom se faisaient rare, il devait l'aimer. Sinon pourquoi serait-il encore avec elle ? Et merde, pourquoi Tom l'avait-il embrassé ?!

Pour la énième foi depuis deux jours, Bill passa ses doigts sur ses lèvres, qui semblaient si chaudes depuis leur rencontrent avec celles de Tom. Il se roula en boule entre ses draps bleu cyan faisant tomber son journal, récemment mis à jour, puis décida de ne pas aller en cours cette après midi. Pas la force. Et puis, il avait cours en groupe, c'est-à-dire avec Tom. Et il ne savait pas, comme d'habitude, comment il réagirait face à cela.

Il avait lu quelque part que, pour comprendre les autres, il fallait se comprendre soi-même. Mais Bill ne se comprenait pas. Pourquoi était-il là, seul, dans son lit, à se morfondre, alors qu'il avait rêvé de se moment passé avec Tom plus d'une fois. Mais même dans ses rêves les plus fous, il n'avait rêvé que Tom se comporte comme ça avec lui. Ça avait été beau, doux, chaud.

Comme le chocolat chaud qu'il avait bu avec lui.

Aimait-il Tom ? Comment devait-il le savoir...Bill fut coupé dans ses pensées par des coups frappés à la porte de sa chambre. Sûrement son père. Sa mère ne frappait jamais. Et ça l'agaçait toujours.

« Oui ? »
« Tu ne vas pas en cours Billy ? » Demanda son père, sans aucun reproche. Il ne ratait pas souvent les cours. Ça n'était pas un drame.
« Non. Qu'est ce qu'il y a ? »
« Il y a quelqu'un pour toi à l'entrée ! Dépêche toi ou ta mère va le voir et Dieu sait ce qu'elle va trouver à dire pour le cuisiner... »

Bill fronça les sourcils...Quelqu'un...Qui ? Bill sortit du lit, attacha ses cheveux en queue-de-cheval rapide, mit un short - la maison était chauffée plus que correctement, il pouvait donc se permettre ce genre d'accoutrement - réajusta son T-shirt gris souris et sortit dans le couloir. Ses pieds nus frissonnèrent au contact du marbre froid du couloir. Il se dépêcha de descendre les escaliers qui eux, étaient recouvert d'un horrible tapis vert qu'il trouvait affreux, et qu'on avait changé depuis qu'il vivait dans cette maison, puis entra dans le salon.

Son sang se glaça. Dos à lui, un paquet de dreadlocks était penché vers la consone d'entrée, où étaient exposées les photos de lui, posant fièrement à la mer et autre lieux de loisir, avec ses parents, et grands-parents. Bill crut apercevoir un sourire sur le visage de son visiteur, mais lui ne souriait pas. Il était même complètement stressé à l'idée d'avoir Tom dans sa maison. Il ne pouvait plus fuir. Sa mère ne l'aiderait pas, et son père était sortit au travail, il venait d'entendre le moteur de sa Laguna® sortir du garage. Que devait-il lui dire ? Et que devait-il faire ? Faire comme si il ne c'était rien passé ? Mais il en était incapable. Qui pourrait ? Sûrement pas Tom apparemment, puisqu'il était là, à vouloir sûrement mettre les choses au clair avec lui, et peut-être même, tout arrêter.

Non !

Il ne pouvait pas. Comment Bill pourrait-il continuer à vivre ?! Bon, vivre était peut-être un peu exagéré, mais il avait posé toutes ses espérances sur lui pour se sortir de sa façade de silence, cette barrière qui l'empêchait de vivre avec les autres, de sortir de cette torpeur qu'il s'était finalement, lui-même crée.

Tom ne pouvait définitivement pas sortir de sa vie, alors que...qu'il...commençait à peine à entrevoir le chemin, qui lui permettait de sortir de la forêt. Il ne devait pas lui lâcher la main. Sinon Bill se perdait. Il ne pouvait pas se perdre.

Bill retenue ses larmes menaçantes aux bords de ses yeux. Il regarda le dos musclé de Tom, caché sous un ample T-shirt blanc qui dépassait d'un sweet qui avait l'air confortable, lui aussi blanc, avec des motifs rouges et noirs.

Ce n'était pas le moment de pleurer. Peut-être après. Mais pas pendant. Ni avant. Il respira un bon coup, et tapa son poing assez fort contre le rebord de la porte en bois sombre, pour avertir de sa présence, puis fixa son regard au sol, espérant que ça l'aiderait à parler. Et surtout à ne pas crouler sous le regard de Tom.

« Oh. Hum. Salut. »

Un ange passa. Bill ne répondit pas. Pas parce qu'il ne le voulait pas, non, il avait tellement de choses à lui demander, à lui supplier, à lui avouer. Mais sa voix ne le lui permettait pas, apparemment, elle avait déserté avec sa belle amie l'assurance!
Alors que le c½ur de Bill, lui, bondissait dans sa poitrine, celui de Tom semblait vouloir s'éteindre.

Il n'avait eu qu'une peur en venant ici, c'était que Bill soit en colère contre lui. Il ne le supporterait pas. Il avait essayé plusieurs fois de joindre le brun au téléphone, mais bien évidement, il ne lui répondit pas. Ce matin il l'avait cherché dans l'école, il était aux abonnés absents. Rien. Pas un signe de vie depuis ce baiser. Baiser dont Tom avait autant rêvé que cauchemardé. N'en pouvant plus, il prit son courage à deux mains, et ses pieds, pour se rapprocher de son beau brun fugitif.

« Je suis désolé de te déranger, j'avais juste...Enfin je pense que nous devons parler...Un tant soit peu...de tout ce qui s'est passé... Enfin tu sais le...Hum. Quand nous nous sommes...Enfin plutôt quand je t'ai embrassé... »

Tout ce que pu faire Bill, c'est hocher la tête, et s'asseoir sur au bout du canapé, jambes repliées contre son torse, essayant de se faire le plus petit possible. Tom le suivit, s'asseyant à l'autre bout. Tourné vers lui, essayant de se concentré sur autre chose que le magnifique visage de Bill, pâle sans maquillage, simple, dénudé, frais et gracieux. Il essayait aussi de ne pas toucher les jambes nues et pâles qui dépassaient amplement sous le vieux short que portait Bill.

« Alors...Hum. Je crois que je n'aurais pas du t'embrasser ...Comme ça. Du moins sans te prévenir que j'allais le faire ! C'était bête et irréfléchi de ma part. Je ne pensais pas à ce que je faisais. J'étais juste...Bon, je vais être sincère avec toi. Sur le moment je n'ai pas pu réfléchir parce que je n'avais qu'une envie, depuis le jour où je t'ai ramené du concours, c'est de t'embrasser. Je ne peux ni t'expliquer pourquoi, ni comment, c'est juste ainsi, je te regardais et t'avais ce regard si magnifique, et vrai...Sincère. J'avais l'impression que je voyais en toi tout ce dont j'avais besoin...Alors je me suis dit « Embrasse-le »...Je ne pourrais pas t'expliquer ce que j'ai ressentit quand je l'ai fait...ça à explosé en moi...Et quand je t'ai vu partir après, je me sentais pire que de la merde. D'ailleurs je me sens toujours pire que de la merde là. Tu es...déçu. Non. Je ne veux pas que tu le sois. Tu sais, j'essais de faire au mieux, j'essais d'être le mieux possible pour toi, pour que tu crois en moi... Et là j'ai juste échoué, encore, comme une vieille chaussette de merde. Alors...je me suis dit « Prends au moins tes responsabilités et viens t'excuser, alors...Me voilà hein...Je m'excuse.»

Que voulez vous répondre à ça ? C'était à la fois tout ce que Bill avait souhaité, et tout ce qu'il ne voulait pas. Une question, simple et précise tournait dans sa tête. D'une voix faible, presque un susurre, comme un secret qu'on dirait à son meilleur ami :

« Est ce que tu regrettes ? »

Comme un gémissement sortit du silence, Tom répondit dans un même écho

« Je suis désolé, mais non. »

Bill n'hésita pas un moment, se lança à toutes jambes dans les escaliers et se précipita dans sa chambre. Le bruit de la porte qui claque se fit entendre. Et le c½ur de Tom lâcha. Il ne pouvait pas supporter plus. Bill ne voulait plus le voir. Il avait gâché en une seconde, ce qu'il avait mis des mois à obtenir, c'est-à-dire, la confiance de Bill. A la limite des pleures et de la crise d'angoisse, Tom essaya de rassembler ses pensées. Plus facile à dire qu'à faire. Puis il se dirigea vers la porte. Tout espoir était bel et bien finit.

Jusqu'à ce qu'il entende les pieds de Bill à l'étage, puis dans les escaliers. Soudainement, il fût à ses côtés, le visage empli de larmes, lui présentant, devant lui, une page qu'il ne connaissait pas, mais une écriture qu'il connaissait bien.
Le journal intime de Bill. Il comprit qu'il devait lire cette page.


«Cher Journal,

Il est deux heures du matin et je suis censé être en train de dormir, mais je n'y arrive pas... J'en suis incapable... Pas après ce qui s'est passé... Ma main tremble, enfin, mon corps entier tremble, et mes yeux me piquent, comme si j'allais pleurer... J'ai d'ailleurs envie de pleurer, mais pourquoi ? Je devrais être heureux et pourtant... Au fond de moi, je ressens une grande solitude...

D'un côté, j'ai l'impression de sortir d'un rêve mais de l'autre, ce rêve semble bien trop réel pour n'appartenir qu'à mon imagination... Cependant, j'ai la sensation de flotter... Comme si j'étais sorti de moi-même et que je regardais la situation de loin... Enfin, je ne sais pas comment décrire mon état. C'est tellement... bizarre...

Tu dois te demander ce qui s'est passé, non ? Je vais te raconter... ça me permettra peut-être de mettre de l'ordre dans mon esprit... J'étais au supermarché en train de regarder les boîtes de chocolat en poudre, quand Tom s'est approché par derrière. Je ne l'avais pas entendu... Quand je l'ai vu, j'ai cru défaillir... J'ai été pris d'un vertige et je me suis mis à bafouiller, tout en me sentant rougir... Je ne te dis pas comment je me sentais stupide... J'aurais voulu disparaître, devenir invisible... Puis Tom a payé à ma place ma boîte de chocolat... ça m'a tellement touché... Personne ne m'avait encore rien acheté avec autant de naturel, l'air de dire ''Laisse, ça ne me dérange pas''... J'avais envie de sourire, d'avoir un grand sourire niais, mais je ne pouvais me permettre d'afficher un air aussi idiot devant Tom...

Ensuite, il m'a invité à boire dans un café, qui diffusait une chanson de Jacques Brel. J'étais aux anges... J'avais du mal à croire que je me tenais là, seul avec Tom, comme s'il n'y avait que nous deux au monde... Il a commandé un café, des viennoiseries et un chocolat chaud pour moi... Il a dit ça en me regardant droit dans les yeux, et j'ai rougi une fois de plus... Il m'a parlé de sa famille, de ses origines allemandes, de son job...

Je ne voulais pas que ce moment s'arrête, mais on a dû se séparer... Et une immense tristesse m'a envahi... Je ne pouvais pas supporter de me séparer de lui. J'allais me trouver une fois de plus seul, à ruminer, à me laisser envahir par mes idées noires...Au fond de moi, mon c½ur ne demandait qu'à exploser... A dire à Tom que j'avais besoin de lui, pour qu'il comble ce vide en moi, qu'il continue à me parler, à me regarder, à être là tout simplement... Mais j'ai préféré m'en aller... Sauf qu'il m'a retenu et qu'il m'a demandé quand est-ce qu'on se reverrait...

Je me suis mis à paniquer... J'avais terriblement envie de lui dire qu'on pourrait passer autant de temps ensemble qu'il le désirait... Mais j'avais tellement peur de me laisser aller et de tout gâcher. Je n'ai rien répondu, incapable de prononcer un mot... Puis Tom a fait quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas... Il m'a... Enfin il s'est penché vers moi, pour... m'embrasser. Ah putain ! Il m'a embrassé...

Le contact de ses lèvres sur les miennes m'a traversé comme une décharge électrique... J'ai été surpris de leur douceur et de la chaleur qu'elles dégageaient... Je me suis laissé faire, trop tétanisé pour réagir... Et quand Tom s'est détaché de moi, je l'ai regardé puis je suis parti en courant... Sans rien dire, j'ai pris mes jambes à mon coup... Il m'a tellement peiné en faisant ça. Certes, j'en ai rêvé plus d'une fois, mais c'était trop soudain... Il m'a pris au dépourvu, pas un geste ou un regard qui auraient pu me guider sur le sens de ses intentions...

Et maintenant, je suis perdu. J'ai l'impression qu'on m'a vidé de tous mes organes... J'aurais envie de courir rejoindre Tom, de le prendre dans mes bras, de l'embrasser encore et encore, mais je ne peux pas... Notre histoire est vouée à l'échec... C'est peut-être pour ça que je lui en veux de m'avoir embrassé... Parce que j'essaye de me persuader qu'on peut être amis... Et avec ce baiser, il a ébranlé toutes mes fausses convictions... En quelques secondes, il a abattu ce que je peine difficilement à construire pour me protéger... Lui et moi ? C'est déjà un miracle qu'il puisse s'intéresser à moi en tant qu'ami, alors en tant que petit ami...

Ca y est, je pleure. C'est ridicule, hein ?... Tu dois me trouver contradictoire... Je dis que je veux être avec Tom, mais qu'en faite c'est mieux si je reste éloigné de lui... Mais j'ai tellement peur de tout faire foirer, si tu savais... J'ai besoin de lui, il est mon oxygène, le sang qui coule dans mes veines, celui qui permet à mon c½ur de trouver une cadence sur laquelle battre... Cependant, je me connais, je vais dire ou faire quelque chose qui va le blesser et il ne voudra plus jamais voir... Et plutôt mourir que le perdre...

Je vais te laisser, la fatigue commence à me gagner. Je te dis à bientôt...
»


Dans ses bras, Bill respirait fort, inspirant, s'imprégnant de l'odeur si particulière de Tom. Celle qui le calmait. Se remettant à peine de se qu'il venait de vivre. Mais une seule chose dans le bordel qu'était sa tête était claire: Il aimait Tom. Mais est-ce que c'était réciproque ?

« Ne me fait pas de mal... »

La réponse fût immédiate

« Jamais. »

Et cela voulait tout dire.


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Merci à Alizée pour son aide toujours autant précieuse que précise.


Mille excuses pour cet énorme, retard.
Passage décisif dans la suite. Si vous me mettez tous pleins de commentaires, vous aurez peut-être de grande chance pour avoir un petit lemon dans 2 chapitres. Le prochain étant déjà écrit : D.

Ps: Voulez vous que je mette des titres ? A mes chapitres ? Parce qu'au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je n'en mets pas. Devrais-je ?

# Posté le mardi 20 octobre 2009 16:04

Modifié le samedi 24 octobre 2009 08:50